LE LOGEMENT ET L'HABITAT
COMME OBJETS DE RECHERCHE
 
 
 
 
 
Actes de la Journée d'étude Jeunes chercheurs 20 mai 2005
co-organisée par le GIS Socio-économie de l'habitat (Université Paris I - INED - CNRS) et le CRETEIL (Institut d'Urbanisme de Paris - Université Paris XII - Val de Marne)
Comité Scientifique :
Jean-Yves Authier (GRS, Université Lumière Lyon II), Francine Benguigui (PUCA, Ministère de l'Equipement), Catherine Bonvalet (INED), Jacques Brun (LADYSS, Université Paris I Panthéon Sorbonne), Didier Cornuel (IFRESI, Université de Lille I), Jean-Claude Driant (IUP, Université Paris XII Val de Marne), Jean-Pierre Frey (LOUEST - IUP, Université Paris XII Val de Marne), Marion Segaud (IMN, Université du Littoral - Côte d'Opale), Christian Tutin (Université du Littoral - Côte d'Opale), Patrice Valadou (Université de Bretagne Sud).
Comité d'organisation :
  • Louis Bertrand CRETEIL (Université Paris XII - Institut d'Urbanisme de Paris) 61 avenue du Général de Gaulle 94 000 Créteil Tél. : 01.41.78.48.14 E-mail : louis.bertrand@9online.fr

  • Lucie Bonnet G.I.S. Socio-économie de l'habitat 13 rue du Four 75006 Paris Tél. : 01.43.26.37.88 E-mail : resohab@univ-paris1.fr
  • Plan du site :
    Vous trouverez sur cette page d'accueil le programme de la journée d'étude, organisée autour de quatre ateliers thématiques : "Politiques locales, politiques nationales", "Jeux d'acteurs", "Mobilités, habitat et identités", "Usages et conception".
    Chacun de ces ateliers était scindé en différentes séquences. En cliquant sur le titre d'une séquence, vous accéderez au détail des communications qui y ont été présentées, ainsi qu'à des liens vers le résumé de chaque communication ou son texte complet.
    Chacun des textes comporte par ailleurs les coordonnées électroniques de son auteur et un lien pour obtenir le texte au format PDF.
    Au cours de votre navigation, les liens disposés en haut à gauche de votre écran vous permettent soit de revenir à la page d'accueil, soit d'accéder aux résumés des différents ateliers.

    Politiques locales, Politiques nationales

    sous la présidence de Christian Tutin, Université du Littoral - Côte d’Opale

    Habitat et renouvellement urbains, Discutant : Christine Lelévrier, CRETEIL (IUP-Université Paris XII Val de Marne)
    Politiques du logement et politiques de l’urbain , Discutant : Didier Cornuel, Université de Lille I - IFRESI
    Les territoires du logement social, Discutant : Jean-Claude Driant, CRETEIL (IUP-Université Paris XII Val de Marne)

    Jeux d’acteurs

    sous la présidence de Francine Benguigui, PUCA

    Politiques sociales du logement, représentations et pratiques, Discutant : René Ballain, PACTE - CERAT - IEP de Grenoble
    Transaction, intermédiation, Discutant : Marie-Pierre Lefeuvre, CRETEIL (IUP-Université Paris XII Val de Marne)
    Logement et insertion des populations en difficulté(s), Discutant : Claire Lévy-Vroelant, CRH-LOUEST, Université Paris VIII Saint Denis

    Mobilités, habitat et identités

    sous la présidence de Catherine Bonvalet, INED

    La gentrification : acteurs et processus, Discutant : Jean-Yves Authier, GRS-Université Lumière Lyon II
    Habiter dans le périurbain, Discutant : Martine Berger, LADYSS-Université Paris I Panthéon Sorbonne
    Mobilités et ancrages, Discutant : Jean-Pierre Lévy, CNRS, CRH-LOUEST

    Usages et conception

    sous la présidence de Marion Segaud, Université du Littoral - Côte d’Opale

    Cohabitation, Discutant : Férial Drosso, CRETEIL (IUP-Université Paris XII Val de Marne)
    Espaces intermédiaires, Discutant : Jean-Michel Léger, IPRAUS-Ecole d’architecture de Paris Belleville
    Renouvellement et conception de l’habitat, Discutant : Michel Bonetti, Laboratoire de sociologie urbaine générative-CSTB




    Politiques locales, Politiques nationales

    sous la présidence de Christian Tutin, Université du Littoral - Côte d’Opale

    Habitat et renouvellement urbains
    Discutant : Christine Lelévrier, CRETEIL (IUP-Université Paris XII Val de Marne)

    Une équipe universitaire de "suivi sociologique" au coeur d’une opération de requalification d’un quartier d’habitat social (Liège), Pierre Frankignoulle, Institut des sciences humaines et sociales, Université de Liège ; Barbara Stevens, Institut des sciences humaines et sociales, Université de Liège
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    Cet article aborde une opération de requalification "en site occupé" d’un quartier de logement social de type CIAM du Nord de Liège (Belgique) : le quartier de Droixhe. Tout d’abord, les auteurs en retracent les lignes de force historiques : quartier modèle à sa création dans les années 1960, répondant aux préceptes de l’urbanisme de type CIAM (Congrés Internationaux d’Architecture Moderne), habité par une "petite classe moyenne", ce quartier a subi une série d’évolutions, surtout à partir des années 1980, qui l’ont fait accéder au rang de quartier difficile. Ensuite, les auteurs expliquent en quoi consiste le projet de requalification : philosophe, objectifs, acteurs. Il expliquent le contenu de leur intervention sur ce terrain : en tant que cellule universitaire de communication et de suivi sociologique, ils ont depuis 2001, préparé le projet de requalification en visitant les 435 appartements, en élaborant une série d’outils de communication (journal en 4 langues, affiches murales, réunions ciblées, permanence). Depuis octobre 2004, la requalification a commencé, et les auteurs posent une série de questions sur l’avenir de ce type de quartiers.
    La Rénovation Urbaine : le renouvellement de la Politique de la Ville ? , Sylvaine Le Garrec , CRETEIL (IUP - Université
    Paris XII Val de Marne)
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    Le renouvellement urbain et la rénovation urbaine se sont installés dans la sphère de la Politique de la Ville sur les bases d’un constat d’échec des interventions passées. La démolition, et plus généralement radicalisation de l’intervention sur le cadre bâti, ont été dès lors envisagées comme le recours ultime pour lutter contre les phénomènes de ségrégation et de paupérisation des quartiers d’habitat social. Cependant, l’étude d’un exemple local, le quartier des Bosquets à Montfermeil , nous amène à relativiser cette rupture. Le projet de rénovation urbaine semble en effet s’inscrire dans la continuité des projets précédents, qui ont tour à tour été remis en cause par la succession des dispositifs nationaux et qui ont toujours privilégié les restructurations lourdes au détriment de l’amélioration de la gestion et de l’accompagnement social. Il est donc possible que l’augmentation de moyens concédée par la loi Borloo ne soit pas suffisante pour mettre fin à l’impuissance des pouvoirs publics qui n’ont pu amorcer jusqu’à présent aucun processus de revalorisation ou de changement social sur ce quartier.
    1 % logement et renouvellement urbain : un mariage de raison, Jules-Mathieu Meunier, CRETEIL (IUP-Université Paris XII Val de Marne)
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    Le 1 % logement est une taxe prélevée sur les entreprises et destinée à favoriser, par différents types d’aides, l’accès des salariés au logement (aussi bien en locatif qu’en accession, social que libre). Depuis la fin des années 1990, le 1 % logement a connu une série de mutations importantes qui ont eu notamment abouti à ce que le dispositif est aujourd’hui le principal financeur avec l’Etat de la politique de rénovation urbaine (le 1 % abonde pour moitié le budget de l’ANRU). Cette mise à contribution de l’argent des entreprises, qui doit être mis en relation avec la création de l’association Foncière-Logement décidée au même moment, semble dépasser le cadre traditionnel des missions du 1 % logement. Une analyse succincte du jeu d’acteurs à l’œuvre dans le 1 % logement (relations entre les partenaires sociaux à la tête du dispositif et les différentes composantes de l’Etat concernées par l’existence du dispositif) permet de comprendre les ressorts de cette intervention.
    Politiques du logement et politiques de l’urbain
    Discutant : Didier Cornuel, Université de Lille I - IFRESI

    Regard sur la politique du logement dans la France des années 1950-1960, Gwenaëlle Legoullon, Centre d’histoire sociale-Université Paris I
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    Dans les années 1950-60 le logement et l’habitat émergent dans l’espace public. Mais ils ne sont pas l’objet d’une politique claire : il n’y a pas de ministère du logement mais un Ministère de la Reconstruction et de l’Urbanisme, dont les missions dépassent le logement et l’ habitat. Il doit compter avec les autres ministères, les collectivités locales et les associations (locataires, entrepreneurs, familles, etc). Le MRU hésite : financements publics ou privés ? logements collectifs ou individuels ? politique centralisée ou décentralisée ? priorité à la résolution urgente d’une intense crise du logement ou à l’élaboration d’une politique de long terme ? logements-types adaptés à tous les Français ou des logements spécifiques pour chaque classe sociale ? Les archives (MRU, collectivités locales, travaux savants) permettent d’évoquer l’environnement institutionnel des questions du logement et de l’habitat, les liens entre politique nationale du logement en cours d’élaboration et politiques municipales du logement et l’élaboration de normes techniques et sociales (Etat / représentants de la société civile).
    Les acteurs de la politique du logement à Florence depuis les années 70, Sabrina Jean, CRESO-UMR ESO-Université de Caen
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    Depuis 30 ans en Italie, la politique du logement est caractérisée par le désengagement de l’Etat, l’importance des familles et des secteurs privés et semi-public. Un système d’acteurs original s’est mis en place au fil de crises successives. Nous analyserons particulièrement la situation dans le contexte florentin. La ville est caractérisée d’une part par l’importance des propriétaires privés et d’autre part par l’émergence d’une nouvelle crise du logement depuis les années 80. A partir des données des recensements à l’échelle des îlots depuis 1971, nous expliquerons comment le marché du logement et le système des acteurs ont évolué. Une attention particulière sera portée au marché du logement comme filtre social. Nous soulignerons ainsi l’importance croissante de mécanismes locaux et le rôle majeur des municipalités dans l’organisation sociale de l’espace. Cette analyse diachronique s’intéressera à part égale aux mécanismes de l’offre et de la demande pour expliquer les divisions socio-spatiales de l’espace intra-urbain dans la capitale toscane.
    Logement et politique urbaine 1940-1975 : le cas lyonnais, Marie-Clothilde Meillerand, LARHRA-Université Lyon 2
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    Cette communication aborde l’évolution de la politique du logement au sein de la seconde agglomération française, Lyon tout au long des Trente Glorieuses. Cette étude chronologique de la politique du logement au sein de la politique urbaine de la région lyonnaise souhaite rendre compte des bouleversements que connaît ce domaine en 30 ans. L’état des lieux du logement dans les années 1940 est d’abord mis en avant : il se caractérise par l’insalubrité et la carence. Un second temps est consacré au logement de masse dont l’emblème est le Grand Ensemble : l’approche souhaite illustrer à travers l’étude de deux grands ensembles de la région lyonnaise (la Duchère et les Minguettes) la théorie de la spécialisation des espaces urbains largement prônée au cours des années cinquante et au début des années soixante. La planification urbaine s’intensifie au cours des années soixante et fait l’objet d’une troisième approche. Cette période qui s’étend jusqu’aux années 1975 est caractérisée par un changement d’échelle dans l’aménagement urbain : ce dernier oscille alors entre une échelle régionale et une échelle métropolitaine. Cette époque connaît des changements tant au niveau des cadres d’action (DATAR, DDE, atelier d’urbanisme) que des acteurs eux-mêmes (de l’architecte à l’équipe pluridisciplinaire) : elle est caractérisée par un véritable renouveau qui donnera naissance à de nouvelles solutions urbanistiques dont la solution ‘ville nouvelle’, véritable fleuron de la politique urbaine à la fin des années soixante. On passe alors d’une construction de logements à la périphérie de la ville (donc dans son prolongement) à une construction de logements ex-nihilo notamment dans le cadre de la politique nationale des villes nouvelles mises en place à la fin des années soixante. Cette communication a alors pour but de mettre en évidence le rôle accru de l’Etat au cours de cette période et l’élargissement du territoire sur lequel s’applique la politique urbaine (et par conséquent la politique du logement). Il est ainsi possible de s’interroger sur l’évolution de la place du logement dans des logiques d’aménagement plus générales (passage de la construction d’un quartier à la construction d’une ville). Des explications peuvent certainement être apportées par une étude des nouvelles conceptions de l’espace urbain et par le rôle des acteurs/auteurs de ces nouvelles solutions urbanistiques.
    Les territoires du logement social
    Discutant : Jean-Claude Driant, CRETEIL (IUP-Université Paris XII Val de Marne)

    La spatialisation des habitations à bon marché., Claire Carriou, Institut d’Urbanisme de Paris - université de Paris XII Centre de Recherche sur l’Habitat - UMR LOUEST
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    La tendance actuelle à une insertion renforcée des politiques du logement dans les politiques urbaines invite à (ré)interroger le schéma historique général suivant lequel l’évolution des politiques de l’habitat pourrait être envisagé comme le passage d’une question sociale (protection sociale par le logement) à une question spatiale. A partir de quel moment le logement devient-il un élément de construction urbaine et non plus seulement de politique sociale ? En outre, quel espace le logement contribue-t-il à construire : s’agit-il, par exemple, d’un espace socialement homogène, comme on vise à le faire aujourd’hui (loi SRU) ? L’analyse de discours menée ici pour la première période (fin XIXe à l’après première guerre mondiale) des habitations à bon marché (HBM), première politique en matière d’habitat social, nous conduit à nuancer l’idée que cette spatialisation serait progressive et linéaire. Ainsi on constate que la connexion politique du logement / politique urbaine se produit très tôt : par le biais de l’hygiène d’abord, on passe de considérations sur l’habitation au cadre de vie, puis aux questions sur les limites de la ville et de ses fonctions. Il faut donc plutôt s’orienter vers l’image d’une spatialisation "en dents de scie", mobilisant, en fonction des périodes, une vision différente de l’environnement d’implantation, à la fois en terme d’approche (hygiénique puis économique...), comme en terme d’échelle (de la rue à la ville voire au territoire national...).
    Relancer la production de logements sociaux à Paris ?, Julie Pollard, CEVIPOF
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    En arrivant à la tête de la municipalité parisienne en 2001, l’équipe de B. Delanoë affiche comme l’un des axes clefs de sa politique la volonté de relancer la construction de logements sociaux et de rééquilibrer leur implantation sur le territoire parisien. De manière élémentaire, la question à la base de notre réflexion est la suivante : « Qu’en est-il des effets de ce projet ? ». L’enjeu est de parvenir à saisir si la mise en avant d’une préoccupation pour l’offre locative sociale correspond exclusivement à des impératifs communicationnels ou si un tel projet peut avoir un sens et un impact au-delà d’une politique d’affichage. L’objet de cette recherche est de montrer que, malgré des résultats concrets limités en terme de variations de la production de logements sociaux, cette politique locale a bien un contenu. Elle est en effet porteuse d’évolutions, principalement à deux niveaux : tout d’abord, au niveau des instruments de politique publique mobilisés et ensuite, au niveau de la redéfinition -au niveau local- des rôles et des positions relatives des acteurs de la politique du logement social. [1]
    Logement social et Etats-providence européens, Romain Graëffly, Centre d’Etudes et de Recherches de Science Administrative - CERSA / CNRS-UMR 7106
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    Les trente années qui suivent la Seconde guerre mondiale marquent l’avènement du « logement de masse » : le continent se couvre petit à petit de grands ensembles financés ou bâtis par les pouvoirs publics. Une logique à la fois centralisatrice et planificatrice domine l’intervention publique durant près de trente ans. Le déclin des Etats-providence européens est amorcé à la suite du premier choc pétrolier : il provoque la fin du logement-providence. Les facteurs de cette crise sont communs aux deux notions : idéologiques, économiques puis sociaux. Le réajustement des Etats-providence européens est effectué à compter du début des années 1980. Ce profond réajustement touche de près au logement social, un des piliers des Etats-providence européens : il va contribuer à l’avènement d’une logique nouvelle. La mutation des systèmes d’intervention publique en matière de logement comporte quatre axes : un désengagement financier des Etats ; un recul du logement public ; le traitement des maux sociaux entraîne, en troisième lieu, un élargissement des préoccupations de la part des pouvoirs publics et des bailleurs sociaux ; l’adaptation des modes de gestion.
    Jeux d’acteurs

    sous la présidence de Francine Benguigui, PUCA

    Politiques sociales du logement, représentations et pratiques
    Discutant : René Ballain, PACTE - CERAT - IEP de Grenoble

    Perception du discours social et action publique de l’habitat, Pierrick Cézanne-Bert et Cesare Matina, Association CESSA (Centre d’Etudes en Sciences Sociales Appliquées - Marseille)
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    Cette présentation est le prolongement d’une étude de terrain menée par le CESSA sur l’image et l’acceptabilité du logement social dans la région PACA auprès du « grand public ». Dans un premier temps nous analysons, dans un contexte d’augmentation du recours contentieux à l’encontre des permis de construire délivrés aux bailleurs sociaux, les perceptions que les élus se font de l’opposition des habitants. Les acteurs politiques et institutionnels ont souvent fini par incorporer l’image supposée négative du logement social ; les représentations sociales deviennent ainsi un impensé politique justifiant l’inaction des politiques locales. Dans un deuxième temps, nous étudions la perception sociale du logement HLM dans la région. Alors que les élus, les techniciens des administrations étatiques et les bailleurs sociaux entretiennent une image stéréotypée de l’opposition du « grand public », notre enquête souligne la complexité de représentations sociales rarement réductibles au seul refus systématique : les attitudes de rejet masquent souvent des représentations bien plus complexes que ne le laissent paraître les discours.
    Les catégorisations ethniques dans la politique du logement social : une comparaison France / Grande-Bretagne, Valérie Sala Pala, Centre de recherches sur l’action politique en Europe-Université de Rennes I
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    La production de frontières ethniques jusqu’au cœur de l’action publique (éducation, logement, police, etc.), dans une société qui s’aveugle volontairement sur sa propre différenciation ethnique est la grande contradiction du dit « modèle français d’intégration ». La politique du logement social illustre parfaitement cette aporie. Formulée au plan national dans des catégories universalistes (« droit au logement » et « mixité sociale »), elle est marquée au plan local par la prégnance des catégorisations ethniques dans la gestion quotidienne du logement social. Un détour comparatif, à la fois empirique et théorique, par la Grande-Bretagne, permet de mettre en évidence, derrière le déni républicain des discriminations, la présence d’un « racisme institutionnel » dans les attributions de logements sociaux à Marseille. La comparaison des politiques et pratiques locales à Birmingham et Marseille conduit à souligner les contradictions inhérentes aussi bien au modèle « multiculturaliste » britannique qu’au modèle « républicain universaliste » français. Cette communication s’appuie sur une enquête par entretien auprès des acteurs du logement social dans ces deux villes.
    Les apories du logement des personnes défavorisées : le cas de la Seine-Saint-Denis, Louis Bertrand, CRETEIL (IUP-Université Paris XII Val de Marne)
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    La problématique du logement des personnes défavorisées émerge dans les années 1980. Puis la loi Besson de 1990 préconise la mise en place de « Plans départementaux d’actions pour le logement des personnes défavorisées » et le financement partenarial d’aides à l’accès au logement, au maintien dans les lieux et de mesures d’accompagnement social lié au logement. Cette communication étudie le fonctionnement institutionnel du Plan départemental pour le logement des personnes défavorisées en Seine-Saint-Denis. Après une présentation de ses instances de décision, nous étudions certaines « apories » (« Difficultés d’ordre rationnel paraissant sans issue », selon le Robert) que doivent résoudre les partenaires, et qui structurent leurs débats. Ces questions concernent la détermination des ménages bénéficiaires et la nature de l’aide apportée dans l’accès prioritaire au logement et la prévention des expulsions locatives. Elles donnent lieu à des réponses qui tendent à s’institutionnaliser.
    Transaction, intermédiation
    Discutant : Marie-Pierre Lefeuvre, CRETEIL (IUP-Université Paris XII Val de Marne)

    Les agents immobiliers et la segmentation des marchés du logement, Loïc Bonneval, GRS-Université Lyon II
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    Bien qu’ils aient peu de prises directes sur les mécanismes de peuplement, les agents immobiliers jouent un rôle très important sur la construction des cadres sociaux du marché du logement. Dans la transaction elle-même, mais aussi dans la constitution de clientèles et dans l’ensemble de leurs activités, ils assurent la médiation nécessaire à la mise en forme de l’offre et de la demande. En particulier, le contenu de la relation de service et l’organisation du champ professionnel contribuent à différencier socialement les clientèles. S’appuyant sur des données de questionnaire, ce travail porte sur les relations entre agents immobiliers et clients acquéreurs. Situé autant au niveau de la description que de l’analyse des processus, il montre que les proximités sociales observées ne sont pas uniquement un écho des tendances de la demande, mais qu’elles participent à leur structuration. Le rôle de la morphologie sociale dans la relation commerciale semble ainsi aller dans le sens de l’homogénéisation des différents secteurs des marchés immobiliers.
    Un métier sous tension : les gardiens du logement social, Hervé Marchal, LASTES-Université de Nancy II
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    Selon les rhétoriques gestionnaires, les gardiens du logement social sont de plus en plus intégrés au sein de leur structure d’appartenance, si bien qu’ils seraient en mesure de maintenir une certaine distance vis-à-vis de locataires proches, sinon socialement, tout au moins physiquement. Cette évolution leur permettrait, en outre, de considérer les locataires comme des "clients", c’est-à-dire comme des personnes qu’il faut fidéliser et socialiser en vue d’éviter, notamment, une augmentation du taux de logements vides. Notre propos tente de montrer à partir d’une analyse des relations entre les gardiens et le monde des "bureaux", d’une part, et celui des locataires, d’autre part, combien les conditions de travail de ces agents de terrain ne leur permettent pas de se sentir intégrés au sein de leur institution d’appartenance et, par voie de conséquence, d’observer une distance à l’égard de locataires irréductibles à des grilles de lecture impersonnelles et anonymes - autrement dit bureaucratiques. Aussi les gardiens sont-ils enclins à entrer dans le registre d’une confusion de territoires avec certains locataires et, en parallèle, à s’aménager une sphère de réserve.
    Logement et insertion des populations en difficulté(s)
    Discutant : Claire Lévy-Vroelant, CRH-LOUEST, Université Paris VIII Saint Denis

    L’éclairage des DOM sur la mise en oeuvre du droit au logement en France : l’exemple du logement évolutif social, Marie Benzaglou, LTMU-ENPC
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    Pour favoriser la mise en œuvre du droit au logement, les départements d’outre-mer disposent d’une part d’outils juridiques et opérationnels de droit commun et, d’autre part, de certains dispositifs qui leur sont au contraire spécifiques. Ainsi, les DOM ont créé un type de logement social inexistant en métropole : le logement évolutif social (LES). Il s’agit d’un produit d’accession très sociale à la propriété, livré non fini aux occupants et dont la structure est évolutive. Le LES est utilisé à la fois pour accroître le parc de logements pour les plus démunis et pour reconstituer l’offre de logement démolie dans le cadre des opérations de résorption de l’habitat insalubre (RHI). Cet outil favorise en théorie la mise en œuvre du droit au logement car il permet de respecter les modes d’habiter créoles, et d’offrir de la liberté ainsi qu’un statut social valorisé aux accédants. Cependant, son utilisation n’est pas dénuée d’ambiguïtés. La suppression des marges de liberté, la sélection des publics et certaines pratiques de domination sont autant d’effets pervers qui fragilisent in fine le droit au logement. Ce sont les principes du droit à un « logement minimal » et, plus généralement, de la reconnaissance des plus démunis comme des citoyens à part entière, qui sont interrogés à travers l’expérience du LES.
    L’insertion par le logement des réfugiés statutaires en région parisienne : rôles, jeux et enjeux d’acteurs, Marie Ducheny, CERLIS-Université
    Paris V
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    La question de l’insertion par le logement des réfugiés m’amène d’abord à interroger les dispositifs existants, qu’ils soient spécifiques, ou de droit commun : Centres Provisoires d’Hébergement du Dispositif National d’Accueil des demandeurs d’asile et des réfugiés, logements temporaires financés par l’ALT, baux-glissants et sous-location subventionnés par le FSL avec accompagnement social, mise en place de conventions avec les bailleurs sociaux et recherches dans le secteur privé. L’observation et l’analyse du fonctionnement de ces dispositifs me conduisent alors à questionner non seulement l’utilité des dispositifs spécifiques, mais aussi le système d’accueil français qui repose sur les associations (accueil, accompagnement, médiation) : accueil ou répartition / délégation des charges ? Mais avant tout, quelle est la spécificité du réfugié ? Une protection particulière doit-elle être exercée au nom du traumatisme vécu ? Pour l’instant, les discours des différents ministères concernés vont dans le sens d’un traitement équitable entre réfugiés et immigrés, voire le pauvre traditionnel. On parle même de « discrimination positive » à l’égard des réfugiés. Mais le constat reste d’abord celui d’une pénurie dans le secteur du logement social, qu’il s’agisse d’une insuffisance ou d’une adéquation. Comment organiser cette pénurie ?
    Vers une institutionnalisation de l’hébergement d’urgence dans les hôtels de tourisme ?, Florent Herouard, CRH-CRESSAC, UMR LOUEST 7145
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    Les récents incendies qui ont eu lieu à Paris, Nancy, Tilly-sur-Seulles ou encore Grand-Quevilly, informent une partie des français qu’il existe une frange de la population qui vit dans les hôtels. Loin de l’image bohême qu’on peut se faire de ce mode de vie, les personnes ayant l’hôtel comme unique refuge souffrent pour la plupart d’une très grande précarité. Ce mode d’hébergement n’est pas choisi et découle souvent d’un placement par les services sociaux. Cette solution est de plus en plus employée car les structures institutionnelles (foyers, logements d’insertions, etc.) ne sont plus en mesure de répondre à l’évolution croissante de la demande. On assiste donc, ces dernières années, à une véritable institutionnalisation de l’hébergement d’urgence à l’hôtel, avec des financements de l’Etat et des Départements, et avec de véritables relations de partenariat entre les gérants et les travailleurs sociaux.
    Mobilités, habitat et identités

    sous la présidence de Catherine Bonvalet, INED

    La gentrification : acteurs et processus
    Discutant : Jean-Yves Authier, GRS-Université Lumière Lyon II

    Le marché du logement : un indicateur de l’évolution des territoires insulaires. , Clotilde Buhot, Laboratoire Géomer - LETG-UBO
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    Comment l’augmentation des prix de l’immobilier observée à l’échelle nationale se répercute-t-elle dans les îles du Ponant ? A travers les exemples de Bréhat, Ouessant et Yeu, nous avons tenté à définir les causes et les conséquences de cette crise du logement sur des espaces géographiquement limités ; le marché du logement pouvant être analysé de façon originale par le recours aux extraits des actes de mutation foncière à titre onéreux. Il en ressort que le poids des résidents secondaires (personnes non domiciliées dans l’île) est considérable puisqu’ils assurent à eux seuls au moins 70% des acquisitions. Ajoutons que ces derniers bénéficient d’un pouvoir d’achat très supérieur aux insulaires (ils contribuent alors à tirer l’ensemble des prix vers le haut) ce qui facilite et renforce leur omniprésence dans l’île. Il apparaît cependant que les résidents secondaires sont localisés préférentiellement dans les périphéries, tandis que dans les bourgs se trouvent concentrés les activités économiques, les services et la population insulaire. On peut en fait établir une corrélation entre la répartition géographique des résidents secondaires et les prix les plus élevés.
    Le logement et l’habitat, éléments-clés du processus de gentrification. , Anne Clerval, Géographie-cités
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    L’habitat, c’est-à-dire l’ensemble des caractéristiques physiques et économiques du parc de logements et leur évolution, et le logement, en tant qu’objet d’investissement à la fois matériel et symbolique des ménages, sont au cœur du processus particulier de transformation de l’espace urbain qu’est la gentrification. Ils forment des éléments-clés pour la caractériser, l’expliquer et l’interpréter. Dans le cas de Paris intra muros, l’augmentation des prix, celle de la part des propriétaires-occupants et la diminution de la part des petits logements sont révélatrices de l’avancement de la gentrification, à travers des mécanismes complexes. Et le logement lui-même fait l’objet d’un investissement particulier par les ménages gentrifieurs, dans une stratégie de distinction sociale de ce groupe émergent : outre l’extrême attention qu’ils attachent au choix de leur logement, les gentrifieurs se caractérisent par de nouvelles manières d’habiter, que ce soit dans l’espace domestique en privilégiant la pièce principale et les espaces ouverts, ou celui du voisinage, valorisé comme un espace intermédiaire entre le logement et le quartier.
    Sociologie des acteurs de la gentrification des quartiers anciens centraux d’hier et d’aujourd’hui, Anaïs Collet, GRS-Université Lyon II
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    Le travail présenté est celui d’une thèse en cours sur les acteurs de la gentrification de quartiers lyonnais et parisiens des années 1970 et d’aujourd’hui. Il ne porte pas tant sur les quartiers « gentrifiés » et les transformations qui les affectent, que sur les rapports à l’espace résidentiel de certains acteurs du changement urbain : en quoi investir et s’investir (c’est-à-dire pas seulement économiquement) dans certains espaces peut participer à la construction d’une identité sociale individuelle et/ou collective, et avoir des effets dans les trajectoires sociales. Pour cela, les travaux menés exploitent la profondeur historique dont on dispose aujourd’hui sur la gentrification selon deux axes. On présente d’abord les premiers résultats de la comparaison intertemporelle1 qui porte sur les trois points suivants : qui sont les acteurs de l’embourgeoisement de certains quartiers à certaines époques ; pourquoi le sont-ils (quelles sont leurs logiques sociales) ; enfin, comment ce changement se déroule-t-il (en insistant sur les compétences spécifiques que les acteurs de la gentrification mettent en œuvre dans ce processus). D’autre part, on présente la démarche longitudinale de suivi des trajectoires (résidentielles, mais aussi professionnelles, familiales, etc) d’anciens gentrifieurs, et son intérêt pour la connaissance des interactions entre la dimension spatiale et les autres dimensions des trajectoires sociales.
    Habiter dans le périurbain
    Discutant : Martine Berger, LADYSS-Université Paris I Panthéon Sorbonne

    L’accession à la propriété d’un pavillon périurbain entre appropriation et enfermement, Lionel Rougé, CIRUS-CIEU-Université de Toulouse Le Mirail
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    Ce travail interroge, à partir d’une enquête compréhensive, les modes de vie des pavillonnaires toulousains et plus particulièrement ceux dont l’installation s’avère fortement contrainte par les conditions du marché immobilier et foncier. Si l’espace périurbain demeure le lieu de vie des couches moyennes, il s’est socialement diversifié, en particulier sous l’effet de la diffusion de l’accession sociale. Alors que pour bon nombre de périurbains, vivre en maison individuelle correspond à une volonté de maîtrise de son environnement, pour les familles modestes rencontrées, l’acquisition d’un pavillon et sa localisation sont bien loin d’y répondre et nécessite une très forte mobilisation. Dès lors, installés loin de la ville et de son agglomération, ils peinent à s’inscrire dans ce modèle d’urbanité fondé sur la mobilité facilitée. Le décalage est grand entre la promesse d’une tranquillité et de bonnes relations sociales qui sous-tend l’accession à la maison individuelle en périurbain et le vécu de certains ménages, fragilisés économiquement peuvant se sentir « captifs ». Ce questionnement autour de l’habiter, montre les limites d’un modèle très prégnant dans la société française, celui de la maison individuelle en périurbain.
    La mobilité des personnes âgées en banlieue pavillonnaire., Nicolas Luxembourg, CIRTA-IAR Université d’Aix Marseille III
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    Les banlieues pavillonnaires constituent de véritables défis pour les résidents âgés qui souhaitent vieillir dans leur maison individuelle le plus longtemps possible. Cet espace de vie à faible densité et aux centralités éclatées entraînent une dépendance à l’automobile pour l’ensemble des pratiques quotidiennes des ménages. Pour la plupart des enquêtés, déménager constitue une solution de « dernier recours », lorsque la perte d’autonomie est jugée trop grande. Dans ces conditions, les banlieusards âgés ont à changer de mode de vie et à engager des stratégies de mobilités et d’adaptation du quotidien
    Le paradoxe de l’ancrage et de la mobilité en zone rurale et périurbaine, Nathalie Ortar, Laboratoire d’économie des transports
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    La mobilité peut être le fruit du hasard, de la nécessité, mais elle n’est rarement que cela. Elle s’inscrit dans un projet de vie familiale et professionnel, au moins pour l’un des conjoints. Elle est également associée à une recherche de qualité de vie même pour les populations pauvres observées. Ainsi, au travers des mobilités ou de leur absence, il est possible d’analyser des logiques résidentielles différentes. Mobilité et ancrage doivent être étudiées à l’échelle d’une vie et des différentes obligations et possibilités de chacune des étapes familiales et professionnelles. Les mobilités évoluent en effet en fonction d’un ensemble de contraintes dont la place accordée au logement et à l’ensemble de ses fonctions n’est pas des moindres. Que conclure sur les attentes de l’habitant sur son habitat ? Les attentes portent-elles uniquement sur l’habitat ? Ne contiennent-elles pas plutôt un ensemble symbolique plus large ? Ce sont à ces questions que nous tenterons de répondre.
    Mobilités et ancrages
    Discutant : Jean-Pierre Lévy, CNRS, CRH-LOUEST

    Les transformations du rapport au logement suite à un licenciement, Cécile Vignal, CRETEIL (IUP-Université Paris XII Val de Marne)
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    L’objet de cette communication est d’étudier les effets de la perte d’un emploi sur le rapport au logement. Nous nous appuyons sur les résultats d’une enquête qualitative auprès de cinquante-six salariés, en majorité ouvriers, confrontés, en 2000, à la fermeture et à la délocalisation de leur usine de câbles située à Laon dans l’Aisne. Nous nous intéressons ici aux licenciés qui ont refusé de déménager pour suivre la délocalisation (c’est le cas des trois-quarts des salariés de l’usine). L’analyse des entretiens montre le lien entre la déstabilisation de l’intégration professionnelle et l’investissement dans la sphère domestique. La prolongation du chômage ou l’occupation d’emplois précaires successifs peuvent générer un retrait contraint de la sphère du travail et un renforcement de l’activité dans le logement sous forme de travaux, de jardinage et d’entretien des relations familiales. Nos résultats confirment qu’en plus des relations familiales, le logement peut constituer un appui qui accompagne une trajectoire professionnelle renouvelée, qui modère le sentiment d’inactivité que peut susciter le chômage. Pourtant, l’investissement dans la sphère domestique dessine clairement un système d’ambivalences entre refuge et piège : le logement est à la fois un bien à protéger et le moyen qui permettrait d’être soi-même protégé en cas de difficultés économiques suite au licenciement.
    La place du logement dans un contexte de mobilité résidentielle : entre ancrage et transition, Elsa Ramos, CERLIS-Université
    Paris V
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    La mobilité résidentielle amène une multiplication des lieux de vie. Dans certains lieux, l’individu puise des éléments qui participent à la construction d’un sentiment d’appartenance à une famille. Dans d’autres lieux, il privilégie des éléments qui viennent davantage consolider sa dimension « d’individu individualisé ». Pour comprendre cette tension de l’individu coincé entre désir de construction d’appartenances et aspiration à l’autonomie, il nous faut étudier les relations qui existent entre ces lieux multiples qui se distinguent : les espaces d’où vient l’individu et son lieu de vie actuel. Dans la mobilité résidentielle, les individus sont à la fois mobiles et ancrés et l’articulation des deux, produit des profils variés. Selon les formes d’ancrages et les profils, le logement actuel peut apparaître comme un espace transitoire : l’individu a pour projet de retourner « chez-lui », ou bien de ne pas vouloir « finir sa vie là ». Il peut être aussi un espace d’ancrage quand les projets futurs s’inscrivent sur le lieu même de vie. Ainsi, le logement est un espace clef dans la compréhension du processus de construction des ancrages.
    L’ancrage des enfants de la « première génération villes nouvelles », Christophe Imbert, INED-Géographie-cités
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    Entre 1968 et 1999, un tiers de la croissance de la population de l’Île-de-France s’est faite dans des villes nouvelles. C’est dire si l’afflux de population y a été important. Il s’agissait dans une grande majorité de jeunes ménages avec enfants s’éloignant de leur lieu d’origine et venant accéder à la propriété en ville nouvelle. Ces enfants constituent en quelque sorte la "première génération villes nouvelles". On observe, en procédant à une approche comparative, que les enfants des habitants des villes nouvelles résident plus fréquemment à proximité du domicile parental que les enfants des autres Franciliens de la grande couronne. On pourrait voir dans ce résultat le signe d’un enracinement dans ces espaces urbains. On parlera plutôt d’ancrage car l’enracinement suppose une inscription familiale durable dans un lieu à travers les générations. En effet, des enfants peuvent s’être éloignés de leur domicile parental au moment de leur décohabitation tout en restant attachés aux villes nouvelles, cela se traduisant par des contacts réguliers avec des amis d’enfance. Des parents peuvent quant à eux envisager un départ en province au moment de la retraite tout en étant très impliqués dans la vie locale de leur commune. Ainsi, l’attachement à un lieu ne se mesure pas seulement à l’aune de la distance qui nous en sépare.
    Usages et conception

    sous la présidence de Marion Segaud, Université du Littoral - Côte d’Opale

    Cohabitation
    Discutant : Férial Drosso, CRETEIL (IUP-Université Paris XII Val de Marne)

    L’urbanistique patronale ou les politiques patronales paternalistes du logement et de l’espace, Julie Rauger, LASTES-Université de Nancy II
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    Même si le patronat a organisé l’espace économique, il reste qu’il a aussi et surtout imprimé l’espace territorial, social et culturel des cités et villes ouvrières. Cette intervention sur l’espace, tant dans l’agencement « matériel » ou morphologique des quartiers, dans la conception de l’habitat que dans l’établissement des rapports socioculturels conformes aux « exigences » patronales, autorise à parler d’urbanistique patronale. L’urbanistique patronale se définit par une maîtrise des enjeux de l’organisation des rapports sociaux dans un espace urbain, mise en œuvre dans une organisation urbaine planifiée. L’urbanistique patronale doit être considérée comme un « projet » paternaliste sur l’espace et les « habitants-salariés ». L’objectif de cet exposé est de présenter quelques éléments de l’urbanistique patronale telle qu’elle s’est développée au travers des politiques urbaines définies par le patronat paternaliste des Aciéries de Pompey (Meurthe-et-Moselle). Nous verrons comment le patronat s’est attaché, notamment par une gestion du foncier et le recours aux types architecturaux, à maîtriser l’évolution urbaine et à contrôler la répartition des groupes sociaux dans l’espace.
    L’habitat partagé dans les petites annonces, Mourad Bahfir, GRS-Université Lyon II
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    La communication portera sur l’exploitation d’un corpus de textes sur la colocation très intéressant à analyser. En effet, l’exploitation des informations que les candidats à la colocation fournissent par le biais d’une annonce-modèle nous donnent, d’une part, certaines caractéristiques sociales de cette population et, d’autre part, les manières dont ces candidats se présentent, décrivent le logement (description des différents éléments du logement et de l’environnement dans lequel il s’inscrit) qu’ils proposent ou qu’ils souhaitent acquérir, ce qu’ils attendent (les comportements et les attitudes qu’ils jugent importants pour le « bon » fonctionnement de la colocation) et ce qu’ils exigent (âge, sexe, nationalité, profession, etc.) de leur futur colocataire. Il s’agit donc de dégager les différentes formes de présentation de soi des candidats à l’habitat « partagé » et ce qu’ils attendent de leur futur colocataire. Cette dimension constitue une partie du travail consacré à construire une des clés de lecture permettant de comprendre les « groupes des cohabitants » produits par ce phénomène. Par ailleurs, l’intérêt ne se réduit pas seulement à comprendre cette pratique mais, dans une certaine mesure, à l’étude des groupes domestiques.
    Communautarisme urbain en Russie, Katerina Azarova, Laboratoire ACS - Université de Paris VIII
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    Le communautarisme urbain de la Russie soviétique naît au cours de la « Réforme révolutionnaire du logement », ou la répartition égalitaire de mètres carrés habitables, entre 1918 et 1922. Au cours de cette Réforme, annoncée comme une mesure nécessaire et prévue pour aider les citadins démunis, s’instaure l’habitation communautaire - logement, généralement de grandes dimensions, mais prévu pour une seule famille, avec une cuisine, une chambre de bonne, un wc et une salle de bains, et qui partagé par plusieurs familles, dont chacune bénéficie d’une pièce. Cette Réforme permettait de résoudre - bien que temporairement et partiellement - la crise du logement. Or dès le début du pouvoir bolchevique le « monde nouveau pour la famille, l’habitat et la vie quotidienne » se présente comme un des objectifs principaux de la nouvelle politique. Et dans ce contexte l’habitation communautaire est également une des premières versions d’un mode de vie nouveau et de la réalisation du projet socialiste. Le niveau le plus simple, adressé au peuple, du discours sur la Réforme révolutionnaire du logement, se précise à travers sa similitude avec des concepts entre l’ancienne tradition paysanne : l’idée du partage égalitaire et de l’instauration de l’unique et parfaite Justice. Cette Réforme exprime donc une nouvelle idéologie et son produit, le système d’appartements communautaires, bien que censé être provisoire, doit servir quelques objectifs idéologiques - tels que la guerre contre la mentalité et le mode de vie « petit-bourgeois », ou le rapprochement des représentants de différents classes et milieux sociaux, réunis par ce nouveau voisinage communautaire, pour entamer la réelle création d’une société égalitaire. Toutefois les procédés adoptés par les divers organismes, qui devaient effectuer et gérer la Réforme, ont rapidement été considérés excessivement violents - comme d’ailleurs le principe de la densification et la Réforme elle-même. C’est à partir de 1922 que se forme le regard critique sur cette politique. Cependant l’extrême faiblesse du secteur immobilier ne laisse guère d’autre choix que de « densifier » encore les appartements moscovites - en attendant que la nouvelle construction massive apporte les solutions plus appropriées à la pénurie de logement. La solution, que l’Inspection Sanitaire suggère alors comme la moins dangereuse du point de vue de l’hygiène et de la santé publique, est l’« auto-densification », qui consiste à laisser à l’ancien habitant le choix des personnes par lesquelles il « se densifie ». Vers la fin de la Réforme les droits dont bénéficient les locataires pour obtenir ou agrandir la surface habitable deviennent le point critique de la vie domestique et le sujet de discorde entre les voisins ou entre les administrations et les locataires. Depuis cette époque et jusqu’aux années 1940, ces droits sont constamment formulés et reformulés par des décrets, des arrêtés, des commentaires et des annexes législatifs, publiés dans les recueils de lois sur cette vie domestique particulière. Les incidents qui provoquent l’enchaînement de règlements de comptes, restent multiples au cours des années 1920-40. Mais ils amènent aussi progressivement à l’établissement d’un système de fonctionnement et d’interaction communautaire, basé sur le comportement adéquate et sur l’entente réciproque, qui inaugurera la « culture communautaire » pour les années à venir.
    Mode d’habitat et institution militaire : l’exemple de la vie en caserne au sein de la gendarmerie nationale, Sylvie Clément, Chargée d’études au Centre de prospective de la gendarmerie nationale
    Doctorante au CESDIP, université de Versailles Saint-Quentin
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    Espaces intermédiaires
    Discutant : Jean-Michel Léger, IPRAUS-Ecole d’architecture de Paris Belleville

    Les espaces intermédiaires, un état des lieux raisonné, Amélie Flamand, Institut d’Urbanisme de Paris - université de Paris XII Centre de Recherche sur l’Habitat - UMR LOUEST
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    La crise des grands ensembles, et plus particulièrement la difficile gestion de leurs abords, semble avoir révélé le caractère problématique de l’organisation du rapport public/privé. Ce sont ainsi les espaces entre rue et logement qui motivent cette recherche, dans la mesure où ils mettent en scène et nous informent sur la façon dont la société envisage le rapport entre individu et collectif. C’est à partir d’un état des lieux raisonné, d’une lecture et d’une analyse de textes ayant trait de près ou de loin à ces espaces, que nous interrogeons ces lieux denses et complexes : ils relèvent du domaine de l’habitat, mais pas seulement ; ils participent du quotidien tout en y échappant ; ils rendent possible l’expression de la familiarité et de la solennité ; ils opèrent le passage entre l’intime, le domestique et le politique ; ils accueillent l’individu tout comme le collectif. La spécificité des espaces intermédiaires tient ainsi dans cette conjonction singulière qui permet de penser ensemble des sphères, des échelles et des logiques, spatiales et sociales, souvent et à priori séparées. S’intéresser aux espaces intermédiaires, c’est, en effet, poser la question du lien, non pas du "pourquoi le lien", mais bien plutôt du "comment se fait le lien".
    Enjeux des espaces intermédiaires dans l’habitat collectif contemporain, Valérie Lebois, Psychosociologue, Laboratoire ACS - UMR/CNRS 7136, Université de Paris 8, Enseignante en sociologie de l’habitat à l’Ecole d’architecture de Paris Malaquais et de Paris Belleville
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    Un travail d’enquête mené dans des immeubles d’habitations construits à Paris intra-muros ces dix dernières années nous a permis d’observer une forte mobilisation dans les formes d’appropriations des espaces collectifs - hall, couloir, palier, cour, jardin... Très vite, nous nous sommes interrogées sur la qualité conceptuelle de ces lieux. Il s’agisait, en effet, de dépasser ce clivage entre perspective sociologique et perspective architecturale et ainsi d’analyser cette inter-relation entre les qualités formelles de l’espace et les pratiques observées. C’est à partir de la conjugaison de ces deux regards que nous avons cherché à dégager, dans le contexte d’une ville dense, l’étendue des conditions de réussite des espaces intermédiaires. En rapport à ces observations de terrain, il nous a intéressé de questionner le processus de conception et de saisir quelles sont les démarches théoriques et pragmatiques qui conduisent à la production de ces espaces ? Font-ils l’objet d’une projection habitée ? Quels enjeux, motivations et préoccupations participent au débat des acteurs ? Au-delà des discours généraux, nous avons choisi d’étudier en détails, de la théorie à la pratique, la démarche d’une architecte, de laquelle nous avions repéré dans notre première phase d’enquête les opérations. Cette architecte présente, en effet, la particularité de considérer les espaces intermédiaires comme les enjeux fondamentaux de l’architecture de l’habitation, voire même de l’architecture.
    La question du logement dans les lotissements de jardins en Hongrie, Melinda Molnar, LADYSS (Paris) / Institut de Gestion de l’Environnement (Hongrie)
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    Les lotissements de jardins en Hongrie, créés pour la plupart pendant la période communiste, connaissent aujourd’hui une transformation fulgurante. Suite aux changements du contexte politique, social et économique, l’autoconstruction des pavillons dans les jardins devient de plus en plus fréquente. Certains jardiniers considèrent ceux-ci comme des logements envisageables et souhaitent la mutation totale du quartier. D’autres à l’inverse perpétuent l’usage habituel et essaient de préserver l’état actuel des lotissements de jardins. La transformation de ces espaces en lieu d’habitation soulève des difficultés. Les infrastructures sont souvent inexistantes et le réseau routier inadapté. Pourtant, de nombreux usagers des jardins espèrent que grâce à une modification du plan d’urbanisme, leurs terrains deviennent constructibles. Les municipalités, faute de financement suffisant pour la mise aux normes de ces quartiers ou pour des considérations urbanistiques, n’acceptent cette solution uniquement lorsque la pression devient très forte. Finalement, chaque lotissement de jardin évolue d’une manière différente : ils s’adaptent plus ou moins aux contraintes ou disparaissent de manière irréversible.
    Renouvellement et conception de l’habitat
    Discutant : Michel Bonetti, Laboratoire de sociologie urbaine générative-CSTB

    Perceptions et gestion des déchets issus de l’espace habité à Ouagadougou, Maïmouna Traoré, ICoTEM-Université de Poitiers
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    Parmi les actions qui permettent de créer une symbiose entre l’habitant et son habitat figure la mise en ordre de l’habitat. Cette mise en ordre participe des attentes de l’habitant sur son habitat et peuvent se traduire entre autres par la gestion des déchets issus de l’activité domestique à savoir : la cuisine, le ménage, etc. A Ouagadougou, capitale politique du Burkina Faso, si la production des déchets ménagers varie d’une saison à l’autre, il n’en demeure pas moins que leurs modes de gestion (balayage, nettoiement et stockage en vue d’une précollecte) dans l’espace habité ne font pas l’objet de la même attention d’un logement à l’autre, en témoigne la cohabitation des déchets et des hommes - et parfois des animaux d’élevage (ovin, caprin, bovin...dans les quartiers comme Hamdalaye). Il s’agira pour nous d’examiner les perceptions et les représentations que l’habitant a de son habitat et les justifications qui sous - tendent la manière dont il gère les déchets qui y sont produits.
    Habitat collectif méditerranéen et dynamique des espaces ouverts., Letizia Capannini, Laboratoire ACS-Université de Paris VIII
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    La notion d’ « habitat pour le plus grand nombre » est complexe et demande une analyse historique synchronique et diachronique à la fois. Le thème est sous-jacent dans le débat international depuis l’introduction de la standardisation, mais c’est à partir du deuxième après-guerre qu’il prend une nouvelle centralité, et que l’on assiste à des positions de « modernisme critique » envers l’universalisme des Ciam. La dichotomie entre individuel et collectif se décline suivant les différentes positions théoriques. Dans cette communication, nous allons d’abord explorer les projets réalisés au Maroc par des architectes tels que Michel Ecochard et George Candilis, avec le groupe Atbat-Afrique. Le Maroc présente un modèle-pionnier pour la question du logement collectif, dans le contexte d’un exode rural de masse et du surpeuplement urbain. Nous nous attacherons en parallèle à des projets construits en Italie dans la conjoncture particulière de la reconstruction et du Plan Ina-Casa. Les recherches développées par des architectes comme Vaccaro, Cosenza, Quaroni, Ridolfi, Libera semblent s’inscrire dans une problématique commune. Aussi bien en Italie que dans le contexte nord-africain, la notion de méditerraneité apparaît comme préoccupation à des questions technologiques et scientifiques précises : les modes constructifs, le climat, les problèmes de ventilation propres aux pays chauds, l’attention aux matériaux et aux techniques locales, ainsi que le besoin de relations sociales des habitants et l’identité. Notre attention se concentre, tout particulièrement, sur le projet de l’Unité d’habitation horizontale au Tuscolano (Rome), réalisé par Adalberto Libera au retour d’un voyage au Maroc. Il s’agit en effet d’ un projet-manifeste pour mettre en lumière l’attention aux espaces ouverts de l’habitat collectif.
    De l’habitat au logement : Thèmes, procédés et formes dans la poétique architecturale de Roland Simounet, Zeila Tesoriere , IPRAUS / Université de Palerme
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    C’est à partir de la deuxième moitié du XX siècle que les architectes considèrent les modes de vie comme enjeux marquants la conception. Cependant, bien avant que la théorie architecturale entérine le recours au populaire comme source d’inspiration, avant même que les codes de l’architecture participationniste soient établis, l’œuvre de Roland Simounet, et notamment sa formation, accomplie au tournant des années 1950, témoignent des modalités de définition d’une nouvelle approche à la conception du logement dans ses relations à l’habitat. Depuis la contribution fournie par Simounet en 1953 à la Grille du groupe Alger du IX CIAM (l’Habitat pour le plus grand nombre), où le jeune concepteur réalise un relevé du bidonville algérois de Mahieddine comme base pour l’élaboration d’une cité de relogement, une nouvelle démarche est établie, où l’habiter n’est plus à saisir en tant que fonction mais comme acte culturel. Le relevé de Mahieddine permit à Simounet d’approfondir sa connaissance de l’habitat maghrébin et des modes de vie qui président ces espaces. En posant la description du réel comme premier jalon d’une méthode reconduite lors de la suite de cités de transit réalisées pendant les dix ans successifs, cette pratique construira une poétique opérante chez Simounet dans la globalité de son œuvre.