Habitat collectif méditerranéen et dynamique des espaces ouverts.
Cas d’étude en Europe et en Afrique du Nord (1945-1970)
 
 
 
 
Résumé

La notion d’ « habitat pour le plus grand nombre » est complexe et demande une analyse historique synchronique et diachronique à la fois. Le thème est sous-jacent dans le débat international depuis l’introduction de la standardisation, mais c’est à partir du deuxième après-guerre qu’il prend une nouvelle centralité, et que l’on assiste à des positions de « modernisme critique » envers l’universalisme des Ciam. La dichotomie entre individuel et collectif se décline suivant les différentes positions théoriques. Dans cette communication, nous allons d’abord explorer les projets réalisés au Maroc par des architectes tels que Michel Ecochard et George Candilis, avec le groupe Atbat-Afrique. Le Maroc présente un modèle-pionnier pour la question du logement collectif, dans le contexte d’un exode rural de masse et du surpeuplement urbain. Nous nous attacherons en parallèle à des projets construits en Italie dans la conjoncture particulière de la reconstruction et du Plan Ina-Casa. Les recherches développées par des architectes comme Vaccaro, Cosenza, Quaroni, Ridolfi, Libera semblent s’inscrire dans une problématique commune. Aussi bien en Italie que dans le contexte nord-africain, la notion de méditerraneité apparaît comme préoccupation à des questions technologiques et scientifiques précises : les modes constructifs, le climat, les problèmes de ventilation propres aux pays chauds, l’attention aux matériaux et aux techniques locales, ainsi que le besoin de relations sociales des habitants et l’identité. Notre attention se concentre, tout particulièrement, sur le projet de l’Unité d’habitation horizontale au Tuscolano (Rome), réalisé par Adalberto Libera au retour d’un voyage au Maroc. Il s’agit en effet d’ un projet-manifeste pour mettre en lumière l’attention aux espaces ouverts de l’habitat collectif.


Introduction

« Le core est l’élément qui fait qu’une communauté est une communauté, et non pas un rassemblement quelconque d’individus » [1].
A cette nouvelle notion - core, ou « heart of the city » [2]- est dédié le VIIIème CIAM [3] à Hoddedson, en 1951, ouvert par la dialectique autour des termes habitat/ dwelling/abitare.
A partir du IXème Congrès d’Aix-en-Provence de 1953, le questionnement prend la forme d’une réflexion critique sur l’universalisme des thèmes proposés par les CIAM.
Lors de ce congrès animé, un groupe de jeunes architectes de différentes nationalités, le fameux Team Ten, décide d’aborder de manière critique la question des fonctions humaines fondamentales, problème esquissé, mais non résolu par les anciens CIAM. 

Le débat semble alors se déplacer vers la Méditerranée.

Au sein de cette problématique générale, notre attention s’est focalisée sur la notion d’habitat pour le plus grand nombre. Cette étude a été entamée par une méthode d’analyse à la fois synchronique - en analysant les différents contextes géographiques où elle apparaît- et diachronique, au fil de la période Ciam.

Les recherches présentées dans cette communication anticipent quelques résultats de la thèse de doctorat en cours [4], et s’inscrivent donc dans une analyse plus vaste appartenant au champ de l’histoire culturelle du projet.

Le Maroc témoigne d’un véritable modus-operandi pour la question du logement collectif, dans le contexte d’exode rural de masse et de surpeuplement urbain.
La notion d’ « habitat pour le plus grand nombre », souvent attribuée à George CANDILIS, mérite un questionnement plus attentif sur son origine. En effet, les grilles exposées sous ce titre par Candilis lors du congrès Ciam d’Aix-en-Provence de 1953, n’étaient qu’une partie du travail du Service de l’Urbanisme dirigé par Michel Ecochard, et entamé bien avant l’arrivée au Maroc de Candilis.

En parallèle, nous proposons une autre démarche qui se développe en Italie, dans la conjoncture de la reconstruction d’après-guerre et du Plan « Ina-Casa ».

Les recherches menées par des architectes comme Vaccaro, Cosenza, Quaroni, Ridolfi, Libera autour de la question de « la casa per tutti », semblent s’inscrire dans une problématique commune.
L’attention se concentre, tout particulièrement, sur le projet de l’Unité d’habitation horizontale au Tuscolano (Rome), réalisé par Adalberto Libera au retour d’un voyage au Maroc. Selon notre hypothèse, il s’agit d’un projet-manifeste, qui permet de mettre en lumière, parmi ses autres enjeux, une attention nouvelle portée aux espaces ouverts de l’habitat collectif.

Notre questionnement de départ [5] s’est appuyé sur une problématique traversant l’histoire de l’architecture : celle de la ‘méditerraneité’ comme fondement d’une ‘autre modernité’. Ce travail proposait en effet une lecture la ‘méditerraneité’ comme notion opératoire que certains architectes emploient pour re-orienter leurs recherches.

Si la notion coïncidait, pendant l’époque fasciste, avec latinité, traditions et valeurs nationalistes, à partir du deuxième après-guerre le questionnement des architectes semble se re-orienter. Cela est sans doute en rapport avec le bouleversement politique, qui conduit à un renouvellement de la réflexion sur le rôle de l’architecte et de la construction.

Il faut par ailleurs mentionner, même de manière succinte, la conjoncture historique et économique dans laquelle le projet du Tuscolano s’inscrit.

Le débat italien autour de “la casa per tutti” : l’expérience de l’INA-Casa (1949-1956).

« La démocratie est aussi une question de mètres carrés »
F. Marescotti

Avec “Ordine e destino della casa popolare” (1940), ainsi qu’avec le texte suivant, jamais publié “ Il problema sociale costruttivo ed economico dell’abitazione”, Irenio Diotallevi et Franco Marescotti ont l’intention de réaliser une sorte de catalogue, un travail encyclopédique pour la diffusion d’une nouvelle architecture. Cet ouvrage se différencie pour sa « ligne européenne » proche des avant-gardes les plus radicales.

Cependant, une analyse des sources européennes de ces ouvrages, en particulier du deuxième, nous conduit à conclure que c’est la revue Casabella, pendant les dix ans où Marescotti participe à la rédaction, qui est le véritable vecteur du « problème social ».

En février 1945, Piero Bottoni lance un appel pour « la casa a chi lavora » (un logement pour tous les travailleurs), afin de rappeler aux architectes que les logements doivent être planifiés non pas dans l’intérêt des spéculateurs, mais comme service pour la collectivité.
Dans ce contexte, il ne faut pas oublier le rôle central de Giuseppe Pagano.
Dans « Presupposti per un programma di politica edilizia » [6], il avait soulevé le “Problema della casa per tutti”.

Un des points préconisés consistait à : « séparer la propriété privée du bâtiment de celle collective du sol urbain pour empêcher la spéculation sur les aires ».
Nous aurons l’occasion de confronter cette hypothèse avec les préoccupations foncières de Michel Ecochard.

En 1949, le programme l’INA-Casa est enfin lancé. Il s’agit d’un instrument législatif conçu pour faire face au problème du chômage et du manque d’habitations, en utilisant main d’œuvre, matériaux et technologies locales. Ceci est en totale contradiction avec les principes de planification générale et d’industrialisation productive. Un concours est lancé pour constituer la liste des projeteurs. Les sept premières années de gestion INA-Casa sont particulièrement significatives, du point de vue de la capacité d’impliquer les architectes les plus intéressants de l’architecture moderne italienne.

Cas d’étude 1 : le Quartier Tuscolano à Rome (1950-1954)

C’est en particulier au travers des écrits et des projets de Adalberto Libera, que nous avons mis en lumière ce subtil changement de perspective.
Libera, figure d’envergure internationale du mouvement rationaliste italien, animateur et organisateur culturel, a traversé, avec son travail, les étapes les plus significatives de la culture historique et artistique italienne et européenne des années vingt aux années soixante.

Le quartier Tuscolano, un des plus grands complexes de l’Ina-Casa, est composé par trois secteurs indépendants, pour un total de 112 bâtiments, commandés par 21 entreprises mandataires . Il occupe une surface d’environ 35 ha.
En tant que chef du bureau des Projets de l’INA-Casa, poste qu’il occupe jusqu’en 1952, Libera choisit de faire du Tuscolano III [7] un véritable programme d’innovation architecturale.

Ce résultat est le fruit d’une série d’études très approfondies, reprises à partir de 1942 pendant l’exil dans son village natal, Villa Lagarina, sur les aspects anthropométriques et les dimensions du logement.
Ces études, dont un livre inachevé « La Tecnica distributiva e funzionale dell’alloggio », constituent le corpus qui va servir à l’élaboration des suggestions typologiques du premier fascicule Ina-Casa. Elles montrent par ailleurs une évolution dans la démarche intellectuelle et dans la manière de Libera de cultiver l’intérêt pour l’architecture : non plus à travers les grands concours ou les commandes professionnelles, mais surtout en cherchant des contacts avec le monde de la production industrielle.
« Les problèmes seront étudiés, suivant notre propos, par rapport aux exigences essentielles de l’homme, considéré dans son individualité et dans le cadre de la collectivité. Donner à chacun tout ce qui lui est du pour sa dignité d’homme civil et éliminer totalement tout caprice ostentatoire qui, en régime économique stricte, priverait les autres de l’essentiel » [8].

Sans vouloir faire une reconstruction généalogique exhaustive des connaissances qui ont inspiré le projet, il faut au moins citer « la ville horizontale à Milan » (1940), projet non réalisé de Diotallevi, Marescotti et Pagano, ainsi que quelques projets de Ludwig Hilberseimer [9].

L’îlot du Tuscolano III présentait, depuis le début, des limites physiques fortes : la voie ferrée et l’aqueduc romain au sud-ouest, la route de quartier au nord-ouest. L’architecte décide de les renforcer ultérieurement par un mur d’enceinte et par le bâtiment en ligne des magasins et services.

L’unité d’habitation et le climat méditerranéen sont les deux thèmes majeurs qui donnent naissance au projet : « les exigences de la vie moderne d’un côté- qui demande une organisation collective des services- et les indications de la tradition méditerranéenne, concernant le climat, trouvent une solution de synthèse dans ce projet. Il s’agit d’une autre hypothèse de la construction moderne : l’unité d’habitation horizontale » [10].

Libera, A. Plan de l'îlot de quatre logements. (JPG)

Figure 1- Unité d’habitation horizontale, plan d’une "insula" de quatre logements.
Source : "Architettura Cantiere" n° 16, 1958.
Les accès aux logements sont reliés quatre par quatre et couverts par un auvent. Une ruelle, sorte d’ « escalier étendu au sol », avec sa porte d’accès sur le parc, distribue deux îlots. C’est là le lieu privilégié de rencontre et d’échange pour les familles et les enfants. Pour souligner l’identité de chaque ruelle, elles sont toutes caractérisées par des tons chromatiques différents.

Les auvents, en liant entre eux les îlots, unissent en une seule entité le complexe construit qui entoure le parc commun. Ainsi, ce dernier peut être vu comme un grand patio collectif obtenu au centre d’une seule nappe horizontale.

Pour Libera, le monde méditerranéen se différencie de celui du Nord- Europe pour des aspects aussi bien psychologiques que climatiques.

Les exigences psychologiques méditerranéennes, en particulier, demandent en même temps la totale intimité familiale et le maximum de contacts sociaux.

Les différents degrés de socialité qu’il a l’intention de réaliser dans son « unité » sont ainsi définis par Libera :

-  « Intimité familiale,dans le logement et dans la cour.
-  Bon voisinage, dans des petits espaces équipés pour se retrouver, à coté des portes des logements
-  Communauté,dans l’unité d’habitation : des terrains de jeu, des magasins pour les courses quotidiennes, des garages et des espaces verts réservés aux piétons.
-  Socialité de rapports et de fonctions, dans le quartier : à l’église, au cinéma, au marché, à l’école primaire... » [11]

La séquence des espaces marque une perception progressive de son propre lieu domestique : de la voûte d’accès, qui interrompt le mur d’enceinte de l’unité, aux voies principales traversant le parc, aux ruelles qui distribuent les logements, aux seuils d’accès, surélevés d’une marche, jusqu’à l’intimité des cours privées.

D’après les interviews des habitants, on comprend que le patio est utilisé comme une véritable pièce supplémentaire en plein air : solarium et salle à manger l’été, mais aussi petit jardin pour les enfants ou espace de service et travail, grâce à la présence d’un lavabo et d’une petite armoire. Certains des logements qui se trouvent à côté de la voie ferrée profitent, de plus, d’un jardinet arrière supplémentaire, dérivant d’un espace résiduel de la trame.
L’intimité de chaque famille est respectée, malgré la proximité des logements, grâce au savant dispositif de composition.

L’autre aspect remarquable du projet est l’emploi de la standardisation et d’éléments préfabriqués, ainsi que la simplicité constructive de cette intervention, rendue possible du fait qu’il s’agit de constructions à un seul étage.

Ainsi que Libera l’explique : « la répétition constante de tous les éléments de l’habitation et des typologies des logements crée des possibilités intéressantes d’organisation du chantier, de modes d’exécution et de standardisation ». [12]

La structure porteuse est constituée de murs légers en congloméré de béton et pierre ponce, jeté en coffrages réutilisables en bois habillés avec bac acier, plus un revêtement extérieur en briques. Les fondations sont donc simples et peu chères, aussi grâce à la bonne qualité du terrain. Cela a permis de réduire les coûts de construction, en les rendant comparables à ceux des bâtiments à neuf étages du même quartier.

L’habitat pour « le plus grand nombre »

La filiation des modèles et des études sur le thème du logement pour le plus grand nombre se révèle complexe. Son origine remonte à l’action du « London County Council » pour les logements ouvriers, dans l’Angleterre de fin du XIX ème siècle.

Si l’on se concentre sur la période historique étudiée, on peut identifier un des points-clé de la question dans la tension entre individuel et collectif. Cette dichotomie se décline suivant les différentes positions théoriques des représentants des Ciam.
Parmi les représentants du Team Ten, on retiendra notamment la position théorique de Aldo Van Eyck et son idée d’«  aesthetics of number  » :

« En vue de vaincre la menace de la quantité, maintenant que nous sommes confrontés avec l’habitat pour le plus grand nombre, l’ « aesthetics of number », il nous faut découvrir les lois de l’ « harmonie dans le mouvement »(Harmony in Motion). Les projets devraient tenter de résoudre les problèmes d’esthétique qui résultent de la standardisation des éléments constructifs ; de la répétition d’éléments similaires ou différents au sein d’une grande unité d’habitation, de la répétition ou du groupement de telles unités, similaires ou non, de la répétition de tels ensembles d’habitation, similaires ou non ». (Van Eyck, 1955)

Un dessin célèbre, les « Cercles d’Otterlo » (1959), résume la pensée de Van Eyck sur la « réciprocité », qu’il définit « humaine », entre collectif et individuel (relation constante et variable en même temps). Ce schéma montre bien l’intention de relier l’aspect spatio-formel de l’architecture avec celui relationnel de la société, tout en gardant l’autonomie partielle des deux.

(JPG)

Figure 2- A. Van Eyck, "Les cercles d’Otterlo", deuxième version, 1959.

Le Maroc, chantier d’expérimentation pour le logement collectif de masse.

Le Maroc représente un cas pionnier pour la question du logement collectif de masse, qui va ouvrir la voie à d’autres expériences en Afrique du Nord et dans le reste de l’Europe.

A partir des années quarante, une conjoncture particulière se crée à Casablanca, capitale de l’économie et de la culture du Protectorat Français, qui permettra aux architectes des transformations importantes.
Dès 1914, Henri Prost, sous le Protectorat Français, avait déjà formulé l’hypothèse de nouveaux quartiers indigènes, permettant de transférer les ouvriers et de détruire les taudis insalubres. Mais, mises à part quelques rares épisodes, il faudra attendre le deuxième après-guerre pour que ces questions trouvent des solutions réelles. [13]

La figure de Michel Ecochard est ici emblématique, pour son action en tant qu’urbaniste et que politique.
Entre 1946 et 1952, Ecochard dirige le Service d’Urbanisme du Protectorat, élaborant des plans pour les grandes villes, et, plus particulièrement, à partir de 1949, pour Casablanca.

L’exode rural de masse et le grave surpeuplement rurbain exigent des solutions urgentes.

Comparant le contexte marocain et français, Ecochard signale que « cet accroissement de la population urbaine a fait parcourir au Maroc en trente ans un chemin que la France avait lentement monté en un siècle et demi » [14].
La théorie de l’habitat pour le plus grand nombre est formulée pour la première fois à l’occasion d’une conférence, qu’il tient en février 1950, intitulée « Urbanisme et construction pour le plus grand nombre » [15].

Dans une lettre à André Bloc [16], Ecochard précise à ce propos : « Cette conférence résume les méthodes appliquées au Maroc et c’est, je crois, la seule étude théorique complète du problème. Vous noterez qu’on y parle aussi de la concentration verticale prévue dans nos projets d’urbanisme. »

L’urgence du problème et la lucidité des solutions proposées peuvent être perçues dans de nombreux articles et correspondances :

-  “ L’habitat marocain a été depuis mon arrivée au Maroc en 1946 la préoccupation majeure du Service de l’Urbanisme. L’accroissement démographique et l’afflux des populations rurales vers les villes y entraînent le surpeuplement de certains quartiers et la création, à la périphérie, de zones dites « bidonvilles » (300.000 personnes en 1947). Dans les deux cas, les conditions de vie y sont telles que le problème présente un caractère d’extrême urgence. Actuellement, dans la population urbaine du Maroc, les Musulmans entrent pour 85%. C’est le problème capital, celui du grand nombre.” [17]

-  “Habitation pour le plus grand nombre. Position du problème par rapport à l’habitat normal. ” [18]

« (...) Acceptera-t-on alors comme à l’époque du libéralisme total, la résolution individuelle du problème ?
(...)Les bidonvilles d’Afrique du Nord, les « slums » des grandes villes américaines, les « compounds » d’Afrique du Sud et les taudis de nos grandes villes européennes, nous donnent immédiatement la réponse (...)

  1. Quelles sont les normes humaines minimum ? (...)
  2. Où commencent les normes de l’habitat ?
    Est-ce quand l’homme est apte à vivre dans la maison minimum ? (...)
    Ces minimums sont-ils absolus, ou conditionnés par les climats ?

  3. Dépendance absolue de l’habitat minimum avec l’urbanisme. [19] »

-  “La spéculation et l’urbanisme au Maroc” [20]

Parmi les conséquences générales de la spéculation, Ecochard évoque :

-  La dispersion de l’habitat d’une ville
-  L’excès de voirie
-  L’absence d’espaces libres, d’espaces verts, de parkings, de places.
-  Les pouvoirs publics victimes de la spéculation.

La conclusion d’Ecochard est la « nécessité d’une politique foncière. Le statut du sol urbain ».

Les réflexions sur la notion d’habitat spécifique sont basées sur les recherches de sociologues et d’ethnologues (tels que Pierre Mas et André Adam) sur les modes de vie des populations islamiques et sur le logement rural.

C’est donc une démarche interdisciplinaire qu’Ecochard conduit, afin de cerner le problème dans sa totalité.

Après une analyse pointue des données (besoin de logements, standing des familles, habitudes, voirie et canalisations, possible adaptation des cités à une évolution du standing des occupants), il propose des trames spécialement étudiées de 8 x 8 mètres.
« Ces trames permettent les orientations favorables, c’est-à-dire le Sud et l’Est. Chaque cellule a son entrée soit dans la rue, soit sur un espace libre, soit sur impasse. Les cellules, elles-mêmes de 8 x 8 m, comprennent deux pièces ouvrant sur un patio, une cuisine, un w.c. » [21]

Le nombre d’habitants est précisément défini (1800 par unité, soit 350 habitants par hectare), sur la base d’une série d’études conduites sur le terrain.
Cette solution consiste en réalité en deux étapes : d’abord « la création de l’infrastructure (voirie, égouts) sur laquelle on laisse s’installer un bidonville amélioré », puis « l’installation, sur cette infrastructure, de logements ‘en dur’ au fur et à mesure des possibilités financières ». [22]

Dans les grilles du Groupe Marocain [23] exposées lors du Ciam d’Aix-en-Provence, la question du bidonville est ainsi abordée :

« Le bidonville n’est qu’une expression. Le problème habitat est plus vaste :
-  Résorption des bidonvilles
-  Décongestion des médinas
-  Solution à l’accroissement démographique constant » [24]

Ou encore :

« L’amélioration du bidonville constitue le premier stade de l’évolution de l’habitat marocain. Pourquoi devons-nous améliorer le bidonville ? Dans sa forme spontanée, le bidonville représente, sur un sol nu, une concentration anarchique de cellules mobiles pouvant recevoir les densités extrêmes de 1000 à 1100 habitants à l’hectare. Le péril fécal règne par défaut d’assainissement, et nous devons répondre aux impératifs de la technique sanitaire moderne par un effet de redressement.

Pour atteindre ce but il faut procéder :

  1. A la libération du sol
  2. A la mise en place des lieux publics
  3. A la mise en ordre des cellules
  4. A l’établissement d’une infrastructure sanitaire
  5. A la réalisation de fontaines et WC publics. » [25]

Cas d’étude 2 : la cité résidentielle des Carrières Centrales à Casablanca (1951-1954)

Le quartier des Carrières Centrales est la première expérience d’application réelle de la trame 8X8, élaborée par Ecochard.
Le projet a comme objectif principal la création de différents types d’habitation pour musulmans, afin de leur offrir des maisons à patio qui respectent les habitudes traditionnelles.

Le programme architectural prévoit :
-  La résorption provisoire des bidonvilles.
-  La construction traditionnelle au rez-de-chaussée
-  Bâtiments en hauteur de conception européenne, avec ouvertures à l’extérieur, ou de conception traditionnelle, avec ouvertures et patios superposés.

Ecochard, M., principe d'organisation d'un quartier marocain, « Urbanisme et construction pour le plus grand nombre », 1950. (JPG)

Figure 3- A. Michel Ecochard, "Urbanisme et construction pour le plus grand nombre". Source : Annales de l’ITBTP, octobre 1950.

A l’échelle du quartier, Ecochard préconise la création d’unités de voisinage, à l’intérieur des quelles puissent trouver place des parcours piétons et des structures spécifiques, telles que le hammam, la mosquée et l’école coranique.

Ce dispositif découle de la connaissance des « neighborhood units » développé par Clarence Perry aux Etats Unis [26] et récemment importée. Il est d’ailleurs possible qu’Ecochard ait connu ce concept durant sa mission d’étude aux Etats-Unis avec Le Corbusier et Bodiansky.

George Candilis, qui avait représenté Le Corbusier sur le chantier de l’unité d’habitation de Marseille, rejoint l’Atbat-Afrique (une filiale de l’Atelier des bâtisseurs [27]), dont il devient directeur dès 1951 [28].

Ecochard confie à Candilis la réalisation d’un chantier aux Carrières Centrales, qui puisse permettre une alternative à la trame horizontale.

Notons au passage que c’est très probablement à Candilis que l’on doit le fameux croquis montrant l’économie d’espace au sol obtenue grâce à l’Unité de Marseille, par rapport à l’encombrement du sol et de sa voierie pour la même population logée en cité-jardin horizontale. [29]

La réponse de l’Atbat (Candilis, Woods, Piot et Bodiansky) prévoit trois bâtiments collectifs intermédiaires disposés en « U », au milieu de la trame horizontale.
L’innovation typologique est radicale pour le Maroc.
-  Le Sémiramis , orienté à l’est et à l’ouest, et qui intègre dans la solution typologique la morphologie du terrain en pente. Les logements sont distribués un étage sur deux par des coursives en façade, qui mènent aux patios privés.
Les appartements sont traversants et font environ 35 m habitables, aménagés de façon très simple ; l’escalier extérieur conduit aux coursives, puis au patio, puis au vestibule -coin cuisine qui distribue les pièces d’eau et les deux chambres. Au moins trois dispositifs filtrent le passage du public au privé : escalier-pallier, galerie, patio.

-  Le Nid d’abeille , orienté nord-sud, qui présente les coursives sur le coté nord, aujourd’hui impossible à reconnaître suite à la fermeture des patios suspendus.

-  Une petite tour dessinée par Bodiansky.

Cliché d'époque du bâtiment « Nid d'abeille ». Fonds Candilis, Archives IFA. (JPG)

Figure 4- Immeuble « Nid d’abeille » à Casablanca, 1952 (Candilis, Woods architectes). Source : IFA

Les architectes mettent ainsi en place un contrôle climatique des bâtiments, grâce à l’emploi d’espaces de transition entre intérieur et extérieur. Ceux-la sont définis par des circulations, comme les coursives et les escaliers, ou par des espaces intermédiaires qui « prolongent le logis », comme les balcons, les loggias, les patios couverts qui créent des redents, un jeu de saillies et de renfoncements, où la profondeur est accentuée par la lumière solaire.

Les redents, mémoire des anciennes constructions du Haut Atlas, ont aussi une autre fonction : la partie en saillie définit le seuil du domaine public, tandis que celle en creux décrit les limites de l’espace privés. C’est là un autre élément issu de l’observation des villages ruraux berbères, où il y a souvent une zone de transition et d’échange.

Encore une fois donc, cette combinaison en vertical de la typologie à cour, suggérée à Candilis par le même Ecochard, devient un moyen d’explorer la tension entre individuel et collectif.
« La relation entre le domaine privé et collectif est aussi bien définie dans les pratiques quotidiennes », affirme Candilis.

L’attention que l’équipe Atbat-Afrique porte aux espaces intermédiaires est d’autant plus remarquable qu’elle contraste la production générale française de l’après-guerre, surtout dans le logement à haute densité. Ainsi que Bruno Vayssière l’a documenté, les éléments architecturaux intermédiaires (galeries, terrasses) ont tendance à disparaître dans la conception des grands ensembles, sous prétexte d’une meilleure rationalisation de l’espace.

Un autre aspect novateur du projet est la prise en compte des classes d’âges, des différents statuts matrimoniaux, ainsi que de la situation économique des habitants.

La question de la réception : les transformations opérées par les habitants : entre adaptation aux besoins et appropriation du « chez-soi »

C’est aussi à la lumière de la réalité des pratiques sociales et de la réception des espaces construits, que peut être effectivement évaluée la qualité architecturale et urbaine des opérations analysées.

Pour les exemples marocains, la question de l’appropriation et des nombreuses transformations opérées par les habitants est complexe. Dans la majorité de cas, il est aujourd’hui presque impossible d’identifier et reconnaître les projets d’origine.
Ce phénomène avait été en partie prévu par Ecochard : il est d’autant plus intéressant de visiter les quartiers aujourd’hui, qu’une idée d’évolutivité était implicite dans les projets.

Un autre exemple remarquable à Casablanca est l’opération réalisée en 1955 dans le quartier Sidi Othman par les architectes Hentsch et Studer.
Ce complexe, beaucoup moins transformé et d’un effet plastique surprenant, permet d’observer les différents modes d’appropriation de l’espace par les habitants et la transformation des espaces intermédiaires.
On observe par exemple un phénomène de ‘marquage identitaire’ par la couleur donnée aux murs des escaliers communs et des paliers.
Du point de vue des modes d’usage, nous pouvons par ailleurs noter quelques éléments communs avec l’ensemble des Carrières Centrales, notamment des formes d’appropriation et d’organisation sociale.
Ainsi le contrôle participatif - une sorte de « coveillance » [30]de la part de la communauté- se rapproche de celui des villages.
D’autres caractères communs, bien que plus connus, sont l’usage et la fréquentation différents des espaces semi-publics et de transition entre homme et femmes.

Dans le cas italien, tous les logements ont été rachetés aujourd’hui, exception faite pour seize unités - trois dans le bâtiment haut et treize dans les maisons basses- pour lesquelles les locataires payent encore le loyer au IACP [31] de Rome. Le passage de propriété a engendré toute une série de modifications internes des appartements.

Nous sommes face à une exception, par rapport aux autres quartiers de l’Ina-Casa à Roma, puisqu’il n’y a pas de rajouts importantes.

D’après quelques observations réalisées sur place, le quartier apparaît tranquille et l’ambiance conviviale. Les espaces ouverts publics et semi-publics semblent faciliter les relations entre les habitants, les enfants jouent dans le parc et sous les pilotis du bâtiment en hauteur.
L’articulation des pièces est claire et fonctionnelle, leur relation avec la cour prolonge l’espace à l’extérieur et assure un bon éclairage.

Conclusion : vers un renouveau conceptuel de l’architecture européenne.

En septembre 1951 se tient à Rabat le Deuxième Congrès de l’U.I.A. [32]
Michel Ecochard en est rapporteur général. Libera y participe aussi, en tant que délégué de l’Académie Nationale de S. Luca : c’est à cette occasion qu’il prend connaissance des projets architecturaux et urbains en cours de réalisation, ainsi qu’avec les traditionnelles et magnifiques médina arabes.
Depuis Casablanca il enverra à Foschini, président de l’Ina-Casa, une carte postale montrant un vue de haut de la médina, en écrivant au verso : « voici l’Ina-Casbah ».
Ce sont ces expériences de voyage qui vont déterminer un changement radical dans la conception en plan du projet du Tuscolano III.

De manière plus générale, les réalisations de l’Afrique du Nord (notamment du Maroc, suivi par Algérie et Tunisie) auront un rayonnement important en Europe, à travers une dense maille d’échanges culturels (congrès, revues, voyages), dont il est impossible de rendre compte dans le cadre de cette communication.
En particulier, l’action d’Ecochard aura un écho mondial et la contribution marocaine au congrès d’Aix-en Provence provoquera un véritable choc pour les représentants du Team Ten.

Dans l’article « Collective housing in Morocco », publié en 1955, les Smithson commentent l’œuvre de Vladimir Bodiansky et Atbat-Afrique, spécialement des logements économiques au Maroc. En faisant référence à leurs propres intentions socio- architecturales dans le projet de Golden-Lane, ils observent :

« Ce que nous appelions arrière-cour[...], ils l’appellent patio, connaissant les besoins des Arabes dans cette région de grandes migrations derrière les montagnes e l’Atlas, où le système de collectivité inclut à l’espace habitable une partie extérieure (...) Alors que l’Unité de Marseille est le résultat de 40 ans de réflexions sur l’habitat, l’importance de ces bâtiments au Maroc se situe dans un nouveau mode de pensée dont ils sont la première manifestation ». [33]

Certes, pour les deux cas d’étude évoqués, les références communes demeurent la Ville Radieuse de Le Corbusier et la Charte d’Athènes.

Pour Libera, le Tuscolano III est un projet de “syntaxe”, dans lequel les typologies -l’immeuble à cours et le bâtiment multi étage- répondent à des exigences de composition, ainsi qu’aux différents besoins de la population (niveau social, critère d’âge et statut civil).
Il s’agit donc d’un complexe défini et parfaitement accompli, qui ne permet pas d’extensions. La seule connexion avec le contexte est assurée par la liaison formelle et fonctionnelle avec la via Sagunto, qui se prolonge visuellement à l’intérieur de la clôture, une fois traversé le bloc des magasins et services.
A la critique de Mario Coppa, qui lui avait reproché l’isolement du quartier (en évoquant le risque de nier le rapport entre unité d’habitation-quartier et ville), Libera avait répliqué :

« D’accord, la relation entre unité et quartier est possible et nécessaire. L’Unité, je dirais, sous-entend le quartier. L’unité d’habitation est en même temps la plus grande dimension construite et la plus petite dimension urbaine. » [34]]

Et encore :

« Il ne s’agit pas d’éviter les rapports sociaux ou de s’isoler dans des unités horizontales, mais de réaliser la plus articulée et ordonnée différentiation dans la relation intimité-socialité » [35].

En revanche, pour Ecochard l’invention d’une « trame sanitaire » 8x8 n’est qu’une solution intermédiaire : c’est la notion d’un habitat évolutif qu’il a l’intention de réaliser. La typologie de l’habitat horizontal et celle du bâtiment haut correspondent ainsi à deux étapes consécutives dans le temps.

En réponse à la question de l’habitat pour le plus grand nombre, les solutions avancées restent multiples, puisque propres à des contextes précis et différents.
Néanmoins, les exemples peuvent être lus en parallèle, au travers de quelques points de convergence :

-  La notion d’habitat adapté, qui prend en compte les différences dans les modes de vie, les classes d’âge, le statut civil et la situation économique des habitants.
-  L’émergence des espaces intermédiaires de l’habitat : le patio, la coursive, la loggia...
-  La trame, figure architecturale et outil de projet à la fois.
-  La densité, les études sur l’unité de voisinage et le quartier.
-  La nouvelle attention aux espaces ouverts de l’habitat.

Dans ce cadre, la notion vaste de « méditerraneité » apparaît en filigrane, renvoyant à des questions technologiques et scientifiques plus précises : les modes constructifs, le climat, les problèmes de ventilation propres aux pays chauds, l’attention aux matériaux et aux techniques locales, ainsi que le besoin de relations sociales des habitants et la construction de l’identité.


Notes

[1] GIEDION, Sigfried, « Architecture et vie collective », Hambourg, 1956. Pour l’édition française, Denoël-Gonthier, Paris, 1980.

[2] La notion avait déjà été évoquée lors du Ciam VII de Bergame, en 1949, dont le sujet central était celui de l’application de la Charte d’Athènes.

[3] Congrès International d’Architecture Moderne

[4] Doctorat en architecture de l’Université de Paris 8, sous la direction de Jean-Louis COHEN. Cotutelle avec l’Université de Bologne, prof. Maristella CASCIATO.

[5] Voir mon mémoire de D.E.A. “Adalberto Libera et la question de la méditerraneité dans l’habitat collectif”, Paris, 2002.

[6] Article apparu dans « Costruzioni Casabella », n. 186, juin 1943.

[7] L’intervention se compose de trois parties : Tuscolano I ( projet sans un véritable dessin cohérent), Tuscolano II ( dont le plan de masse est coordonné par De Renzi et Muratori) et Tuscolano III, conçu par Libera.

[8] Libera, A., Vaccaro, G., « Per un metodo nell’esame del problema della casa », 1943.

[9] Voir « Die Wohnung als Gebrauchsgegenstand » pour l’idée de séparation nette entre familles et célibataires, 1927, ainsi que les Siedlungen à Berlin-Spandau et les dessins de 1930 de maisons en « L » à un seul étage.

[10] Libera, A, “Il quartiere Tuscolano a Roma”, in “Comunità”, 1955.

[11] Libera, A., lettre à Bruno Zevi, s.d. [ 1955 ?]

[12] Ibidem

[13] Nous renvoyons à l’ouvrage de COHEN, Jean-Louis et ELEB Monique, Casablanca. Mythes et figures d’une aventure urbaine. Paris, Hazan, 1998.

[14] ECOCHARD, Michel L’Architecture d’Aujourd’hui n°35, 1951, p.10.

[15] Publiée en octobre 1950 par les Annales de l’Institut technique du bâtiment et des travaux publics

[16] ECOCHARD, Michel, Karachi, mars 1954. Archives Ecochard, IFA, Paris.

[17] ECOCHARD Michel, “Habitat musulman au Maroc”, in L’Architecture d’Aujourd’hui n°60, juin 1955 ; pp.36-37.

[18] Document rédigé par Michel Ecochard, pour les Nations Unies, Conseil Economique et social. Commission Economique pour l’Europe. Sous-comité de l’habitat. Comité d’Organisation de la Recherche dans le domaine du bâtiment, s .d. Fonds Candilis, IFA, 236 ; 312/04.

[19] Le même texte de Michel Ecochard est repris et présenté dans « Contribution à la Charte de l’Habitat », Ciam 9 , Aix-en-provence, 19-25 juillet 1953, sous le titre de « Habitat pour le plus grand nombre. Position du problème par rapport à la Charte de l’Habitat ».

[20] Texte dactylographié, s.d. [1951], Archives Ecochard, IFA, Paris.

[21] ECOCHARD Michel, réponse à G. Bidault, février 1953, MAE, Cabinet Civil.

[22] COHEN, Jean-Louis et ELEB Monique, op. cit.

[23] Cet exposé sera d’ailleurs à l’origine d’une controverse entre Candilis et Ecochard, suite à l’appropriation de la part du premier du travail d’Ecochard et son équipe sur « l’habitat pour le plus grand nombre ». Cet épisode est détaillé dans la lettre citée à André Bloc, dans laquelle Ecochard explique aussi les rapports réellement intercours entre le travail mené par son équipe et l’intervention suivante de l’Atbat-Afrique.

[24] Texte extrait de la grille n°211-III, Archives du Ministère de l’Habitat, Rabat.

[25] Grille 501-I, Archives du Ministère de l’Habitat, Rabat.

[26] Perry, Clarence, “The Neighborhood Unit : a Scheme of Arrangement for the Family Life Community”, dans Regional Plan of New York, vol. 7, New York : Regional Plan Association”, 1929. La notion est introduite par la délégation américaine au congrès Ciam de Bridgewater en 1947.

[27] L’Atelier des Bâtisseurs a été fondé en 1947. Le Corbusier, Bodiansky, Wogensky et Marcel Piot, ainsi que Lefebvre dans le rôle de l’administrateur, en furent les principaux créateurs.

[28] Sur l’Atbat-Afrique, voir Eleb Monique, « Une alternative à l’universalisme fonctionnaliste. Ecochard, Candilis et l’A.T.B.A.T.-Afrique à Casablanca » in Cahiers de la recherche architecturale et urbaine, n°2-3, 1999.

[29] Groupe Ascoral, Gorge Candilis, Dépliant de présentation au 7ème Ciam à Bergame, juillet 1949.

[30] Voir à ce sujet, parmi les nombreuses études, l’article de Wekerle, Gerda « Au risque des espaces publics - De la coveillance à la ville sûre » in Les Annales de la Recherche Urbaine, n°83-84,1999.

[31] Instituto Autonomo Case Popolari.

[32] Union Internationale des Architectes.

[33] Alison et Peter Smithson, « Collective housing in Morocco », dans « Architectural Design », Janvier 1955.

[34] Libera, A., lettre à Bruno Zevi, s.d. [ 1955 ?

[35] Ibidem.