LE LOGEMENT ET L'HABITAT
COMME OBJETS DE RECHERCHE
 
 
 
 
 

Politiques locales, Politiques nationales

sous la présidence de Christian Tutin, Université du Littoral - Côte d’Opale

Habitat et renouvellement urbains
Discutant : Christine Lelévrier, CRETEIL (IUP-Université Paris XII Val de Marne)

Une équipe universitaire de "suivi sociologique" au coeur d’une opération de requalification d’un quartier d’habitat social (Liège), Pierre Frankignoulle, Institut des sciences humaines et sociales, Université de Liège ; Barbara Stevens, Institut des sciences humaines et sociales, Université de Liège
Cet article aborde une opération de requalification "en site occupé" d’un quartier de logement social de type CIAM du Nord de Liège (Belgique) : le quartier de Droixhe. Tout d’abord, les auteurs en retracent les lignes de force historiques : quartier modèle à sa création dans les années 1960, répondant aux préceptes de l’urbanisme de type CIAM (Congrés Internationaux d’Architecture Moderne), habité par une "petite classe moyenne", ce quartier a subi une série d’évolutions, surtout à partir des années 1980, qui l’ont fait accéder au rang de quartier difficile. Ensuite, les auteurs expliquent en quoi consiste le projet de requalification : philosophe, objectifs, acteurs. Il expliquent le contenu de leur intervention sur ce terrain : en tant que cellule universitaire de communication et de suivi sociologique, ils ont depuis 2001, préparé le projet de requalification en visitant les 435 appartements, en élaborant une série d’outils de communication (journal en 4 langues, affiches murales, réunions ciblées, permanence). Depuis octobre 2004, la requalification a commencé, et les auteurs posent une série de questions sur l’avenir de ce type de quartiers.
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La Rénovation Urbaine : le renouvellement de la Politique de la Ville ? , Sylvaine Le Garrec , CRETEIL (IUP - Université
Paris XII Val de Marne)
Le renouvellement urbain et la rénovation urbaine se sont installés dans la sphère de la Politique de la Ville sur les bases d’un constat d’échec des interventions passées. La démolition, et plus généralement radicalisation de l’intervention sur le cadre bâti, ont été dès lors envisagées comme le recours ultime pour lutter contre les phénomènes de ségrégation et de paupérisation des quartiers d’habitat social. Cependant, l’étude d’un exemple local, le quartier des Bosquets à Montfermeil , nous amène à relativiser cette rupture. Le projet de rénovation urbaine semble en effet s’inscrire dans la continuité des projets précédents, qui ont tour à tour été remis en cause par la succession des dispositifs nationaux et qui ont toujours privilégié les restructurations lourdes au détriment de l’amélioration de la gestion et de l’accompagnement social. Il est donc possible que l’augmentation de moyens concédée par la loi Borloo ne soit pas suffisante pour mettre fin à l’impuissance des pouvoirs publics qui n’ont pu amorcer jusqu’à présent aucun processus de revalorisation ou de changement social sur ce quartier.
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1 % logement et renouvellement urbain : un mariage de raison, Jules-Mathieu Meunier, CRETEIL (IUP-Université Paris XII Val de Marne)
Le 1 % logement est une taxe prélevée sur les entreprises et destinée à favoriser, par différents types d’aides, l’accès des salariés au logement (aussi bien en locatif qu’en accession, social que libre). Depuis la fin des années 1990, le 1 % logement a connu une série de mutations importantes qui ont eu notamment abouti à ce que le dispositif est aujourd’hui le principal financeur avec l’Etat de la politique de rénovation urbaine (le 1 % abonde pour moitié le budget de l’ANRU). Cette mise à contribution de l’argent des entreprises, qui doit être mis en relation avec la création de l’association Foncière-Logement décidée au même moment, semble dépasser le cadre traditionnel des missions du 1 % logement. Une analyse succincte du jeu d’acteurs à l’œuvre dans le 1 % logement (relations entre les partenaires sociaux à la tête du dispositif et les différentes composantes de l’Etat concernées par l’existence du dispositif) permet de comprendre les ressorts de cette intervention.
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Politiques du logement et politiques de l’urbain
Discutant : Didier Cornuel, Université de Lille I - IFRESI

Regard sur la politique du logement dans la France des années 1950-1960, Gwenaëlle Legoullon, Centre d’histoire sociale-Université Paris I
Dans les années 1950-60 le logement et l’habitat émergent dans l’espace public. Mais ils ne sont pas l’objet d’une politique claire : il n’y a pas de ministère du logement mais un Ministère de la Reconstruction et de l’Urbanisme, dont les missions dépassent le logement et l’ habitat. Il doit compter avec les autres ministères, les collectivités locales et les associations (locataires, entrepreneurs, familles, etc). Le MRU hésite : financements publics ou privés ? logements collectifs ou individuels ? politique centralisée ou décentralisée ? priorité à la résolution urgente d’une intense crise du logement ou à l’élaboration d’une politique de long terme ? logements-types adaptés à tous les Français ou des logements spécifiques pour chaque classe sociale ? Les archives (MRU, collectivités locales, travaux savants) permettent d’évoquer l’environnement institutionnel des questions du logement et de l’habitat, les liens entre politique nationale du logement en cours d’élaboration et politiques municipales du logement et l’élaboration de normes techniques et sociales (Etat / représentants de la société civile).
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Les acteurs de la politique du logement à Florence depuis les années 70, Sabrina Jean, CRESO-UMR ESO-Université de Caen
Depuis 30 ans en Italie, la politique du logement est caractérisée par le désengagement de l’Etat, l’importance des familles et des secteurs privés et semi-public. Un système d’acteurs original s’est mis en place au fil de crises successives. Nous analyserons particulièrement la situation dans le contexte florentin. La ville est caractérisée d’une part par l’importance des propriétaires privés et d’autre part par l’émergence d’une nouvelle crise du logement depuis les années 80. A partir des données des recensements à l’échelle des îlots depuis 1971, nous expliquerons comment le marché du logement et le système des acteurs ont évolué. Une attention particulière sera portée au marché du logement comme filtre social. Nous soulignerons ainsi l’importance croissante de mécanismes locaux et le rôle majeur des municipalités dans l’organisation sociale de l’espace. Cette analyse diachronique s’intéressera à part égale aux mécanismes de l’offre et de la demande pour expliquer les divisions socio-spatiales de l’espace intra-urbain dans la capitale toscane.
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Logement et politique urbaine 1940-1975 : le cas lyonnais, Marie-Clothilde Meillerand, LARHRA-Université Lyon 2
Cette communication aborde l’évolution de la politique du logement au sein de la seconde agglomération française, Lyon tout au long des Trente Glorieuses. Cette étude chronologique de la politique du logement au sein de la politique urbaine de la région lyonnaise souhaite rendre compte des bouleversements que connaît ce domaine en 30 ans. L’état des lieux du logement dans les années 1940 est d’abord mis en avant : il se caractérise par l’insalubrité et la carence. Un second temps est consacré au logement de masse dont l’emblème est le Grand Ensemble : l’approche souhaite illustrer à travers l’étude de deux grands ensembles de la région lyonnaise (la Duchère et les Minguettes) la théorie de la spécialisation des espaces urbains largement prônée au cours des années cinquante et au début des années soixante. La planification urbaine s’intensifie au cours des années soixante et fait l’objet d’une troisième approche. Cette période qui s’étend jusqu’aux années 1975 est caractérisée par un changement d’échelle dans l’aménagement urbain : ce dernier oscille alors entre une échelle régionale et une échelle métropolitaine. Cette époque connaît des changements tant au niveau des cadres d’action (DATAR, DDE, atelier d’urbanisme) que des acteurs eux-mêmes (de l’architecte à l’équipe pluridisciplinaire) : elle est caractérisée par un véritable renouveau qui donnera naissance à de nouvelles solutions urbanistiques dont la solution ‘ville nouvelle’, véritable fleuron de la politique urbaine à la fin des années soixante. On passe alors d’une construction de logements à la périphérie de la ville (donc dans son prolongement) à une construction de logements ex-nihilo notamment dans le cadre de la politique nationale des villes nouvelles mises en place à la fin des années soixante. Cette communication a alors pour but de mettre en évidence le rôle accru de l’Etat au cours de cette période et l’élargissement du territoire sur lequel s’applique la politique urbaine (et par conséquent la politique du logement). Il est ainsi possible de s’interroger sur l’évolution de la place du logement dans des logiques d’aménagement plus générales (passage de la construction d’un quartier à la construction d’une ville). Des explications peuvent certainement être apportées par une étude des nouvelles conceptions de l’espace urbain et par le rôle des acteurs/auteurs de ces nouvelles solutions urbanistiques.
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Les territoires du logement social
Discutant : Jean-Claude Driant, CRETEIL (IUP-Université Paris XII Val de Marne)

La spatialisation des habitations à bon marché., Claire Carriou, Institut d’Urbanisme de Paris - université de Paris XII Centre de Recherche sur l’Habitat - UMR LOUEST
La tendance actuelle à une insertion renforcée des politiques du logement dans les politiques urbaines invite à (ré)interroger le schéma historique général suivant lequel l’évolution des politiques de l’habitat pourrait être envisagé comme le passage d’une question sociale (protection sociale par le logement) à une question spatiale. A partir de quel moment le logement devient-il un élément de construction urbaine et non plus seulement de politique sociale ? En outre, quel espace le logement contribue-t-il à construire : s’agit-il, par exemple, d’un espace socialement homogène, comme on vise à le faire aujourd’hui (loi SRU) ? L’analyse de discours menée ici pour la première période (fin XIXe à l’après première guerre mondiale) des habitations à bon marché (HBM), première politique en matière d’habitat social, nous conduit à nuancer l’idée que cette spatialisation serait progressive et linéaire. Ainsi on constate que la connexion politique du logement / politique urbaine se produit très tôt : par le biais de l’hygiène d’abord, on passe de considérations sur l’habitation au cadre de vie, puis aux questions sur les limites de la ville et de ses fonctions. Il faut donc plutôt s’orienter vers l’image d’une spatialisation "en dents de scie", mobilisant, en fonction des périodes, une vision différente de l’environnement d’implantation, à la fois en terme d’approche (hygiénique puis économique...), comme en terme d’échelle (de la rue à la ville voire au territoire national...).
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Relancer la production de logements sociaux à Paris ?, Julie Pollard, CEVIPOF
En arrivant à la tête de la municipalité parisienne en 2001, l’équipe de B. Delanoë affiche comme l’un des axes clefs de sa politique la volonté de relancer la construction de logements sociaux et de rééquilibrer leur implantation sur le territoire parisien. De manière élémentaire, la question à la base de notre réflexion est la suivante : « Qu’en est-il des effets de ce projet ? ». L’enjeu est de parvenir à saisir si la mise en avant d’une préoccupation pour l’offre locative sociale correspond exclusivement à des impératifs communicationnels ou si un tel projet peut avoir un sens et un impact au-delà d’une politique d’affichage. L’objet de cette recherche est de montrer que, malgré des résultats concrets limités en terme de variations de la production de logements sociaux, cette politique locale a bien un contenu. Elle est en effet porteuse d’évolutions, principalement à deux niveaux : tout d’abord, au niveau des instruments de politique publique mobilisés et ensuite, au niveau de la redéfinition -au niveau local- des rôles et des positions relatives des acteurs de la politique du logement social. [1]
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Logement social et Etats-providence européens, Romain Graëffly, Centre d’Etudes et de Recherches de Science Administrative - CERSA / CNRS-UMR 7106
Les trente années qui suivent la Seconde guerre mondiale marquent l’avènement du « logement de masse » : le continent se couvre petit à petit de grands ensembles financés ou bâtis par les pouvoirs publics. Une logique à la fois centralisatrice et planificatrice domine l’intervention publique durant près de trente ans. Le déclin des Etats-providence européens est amorcé à la suite du premier choc pétrolier : il provoque la fin du logement-providence. Les facteurs de cette crise sont communs aux deux notions : idéologiques, économiques puis sociaux. Le réajustement des Etats-providence européens est effectué à compter du début des années 1980. Ce profond réajustement touche de près au logement social, un des piliers des Etats-providence européens : il va contribuer à l’avènement d’une logique nouvelle. La mutation des systèmes d’intervention publique en matière de logement comporte quatre axes : un désengagement financier des Etats ; un recul du logement public ; le traitement des maux sociaux entraîne, en troisième lieu, un élargissement des préoccupations de la part des pouvoirs publics et des bailleurs sociaux ; l’adaptation des modes de gestion.
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