LE LOGEMENT ET L'HABITAT
COMME OBJETS DE RECHERCHE
 
 
 
 
 

Jeux d’acteurs

sous la présidence de Francine Benguigui, PUCA

Politiques sociales du logement, représentations et pratiques
Discutant : René Ballain, PACTE - CERAT - IEP de Grenoble

Perception du discours social et action publique de l’habitat, Pierrick Cézanne-Bert et Cesare Matina, Association CESSA (Centre d’Etudes en Sciences Sociales Appliquées - Marseille)
Cette présentation est le prolongement d’une étude de terrain menée par le CESSA sur l’image et l’acceptabilité du logement social dans la région PACA auprès du « grand public ». Dans un premier temps nous analysons, dans un contexte d’augmentation du recours contentieux à l’encontre des permis de construire délivrés aux bailleurs sociaux, les perceptions que les élus se font de l’opposition des habitants. Les acteurs politiques et institutionnels ont souvent fini par incorporer l’image supposée négative du logement social ; les représentations sociales deviennent ainsi un impensé politique justifiant l’inaction des politiques locales. Dans un deuxième temps, nous étudions la perception sociale du logement HLM dans la région. Alors que les élus, les techniciens des administrations étatiques et les bailleurs sociaux entretiennent une image stéréotypée de l’opposition du « grand public », notre enquête souligne la complexité de représentations sociales rarement réductibles au seul refus systématique : les attitudes de rejet masquent souvent des représentations bien plus complexes que ne le laissent paraître les discours.
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Les catégorisations ethniques dans la politique du logement social : une comparaison France / Grande-Bretagne, Valérie Sala Pala, Centre de recherches sur l’action politique en Europe-Université de Rennes I
La production de frontières ethniques jusqu’au cœur de l’action publique (éducation, logement, police, etc.), dans une société qui s’aveugle volontairement sur sa propre différenciation ethnique est la grande contradiction du dit « modèle français d’intégration ». La politique du logement social illustre parfaitement cette aporie. Formulée au plan national dans des catégories universalistes (« droit au logement » et « mixité sociale »), elle est marquée au plan local par la prégnance des catégorisations ethniques dans la gestion quotidienne du logement social. Un détour comparatif, à la fois empirique et théorique, par la Grande-Bretagne, permet de mettre en évidence, derrière le déni républicain des discriminations, la présence d’un « racisme institutionnel » dans les attributions de logements sociaux à Marseille. La comparaison des politiques et pratiques locales à Birmingham et Marseille conduit à souligner les contradictions inhérentes aussi bien au modèle « multiculturaliste » britannique qu’au modèle « républicain universaliste » français. Cette communication s’appuie sur une enquête par entretien auprès des acteurs du logement social dans ces deux villes.
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Les apories du logement des personnes défavorisées : le cas de la Seine-Saint-Denis, Louis Bertrand, CRETEIL (IUP-Université Paris XII Val de Marne)
La problématique du logement des personnes défavorisées émerge dans les années 1980. Puis la loi Besson de 1990 préconise la mise en place de « Plans départementaux d’actions pour le logement des personnes défavorisées » et le financement partenarial d’aides à l’accès au logement, au maintien dans les lieux et de mesures d’accompagnement social lié au logement. Cette communication étudie le fonctionnement institutionnel du Plan départemental pour le logement des personnes défavorisées en Seine-Saint-Denis. Après une présentation de ses instances de décision, nous étudions certaines « apories » (« Difficultés d’ordre rationnel paraissant sans issue », selon le Robert) que doivent résoudre les partenaires, et qui structurent leurs débats. Ces questions concernent la détermination des ménages bénéficiaires et la nature de l’aide apportée dans l’accès prioritaire au logement et la prévention des expulsions locatives. Elles donnent lieu à des réponses qui tendent à s’institutionnaliser.
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Transaction, intermédiation
Discutant : Marie-Pierre Lefeuvre, CRETEIL (IUP-Université Paris XII Val de Marne)

Les agents immobiliers et la segmentation des marchés du logement, Loïc Bonneval, GRS-Université Lyon II
Bien qu’ils aient peu de prises directes sur les mécanismes de peuplement, les agents immobiliers jouent un rôle très important sur la construction des cadres sociaux du marché du logement. Dans la transaction elle-même, mais aussi dans la constitution de clientèles et dans l’ensemble de leurs activités, ils assurent la médiation nécessaire à la mise en forme de l’offre et de la demande. En particulier, le contenu de la relation de service et l’organisation du champ professionnel contribuent à différencier socialement les clientèles. S’appuyant sur des données de questionnaire, ce travail porte sur les relations entre agents immobiliers et clients acquéreurs. Situé autant au niveau de la description que de l’analyse des processus, il montre que les proximités sociales observées ne sont pas uniquement un écho des tendances de la demande, mais qu’elles participent à leur structuration. Le rôle de la morphologie sociale dans la relation commerciale semble ainsi aller dans le sens de l’homogénéisation des différents secteurs des marchés immobiliers.
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Un métier sous tension : les gardiens du logement social, Hervé Marchal, LASTES-Université de Nancy II
Selon les rhétoriques gestionnaires, les gardiens du logement social sont de plus en plus intégrés au sein de leur structure d’appartenance, si bien qu’ils seraient en mesure de maintenir une certaine distance vis-à-vis de locataires proches, sinon socialement, tout au moins physiquement. Cette évolution leur permettrait, en outre, de considérer les locataires comme des "clients", c’est-à-dire comme des personnes qu’il faut fidéliser et socialiser en vue d’éviter, notamment, une augmentation du taux de logements vides. Notre propos tente de montrer à partir d’une analyse des relations entre les gardiens et le monde des "bureaux", d’une part, et celui des locataires, d’autre part, combien les conditions de travail de ces agents de terrain ne leur permettent pas de se sentir intégrés au sein de leur institution d’appartenance et, par voie de conséquence, d’observer une distance à l’égard de locataires irréductibles à des grilles de lecture impersonnelles et anonymes - autrement dit bureaucratiques. Aussi les gardiens sont-ils enclins à entrer dans le registre d’une confusion de territoires avec certains locataires et, en parallèle, à s’aménager une sphère de réserve.
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Logement et insertion des populations en difficulté(s)
Discutant : Claire Lévy-Vroelant, CRH-LOUEST, Université Paris VIII Saint Denis

L’éclairage des DOM sur la mise en oeuvre du droit au logement en France : l’exemple du logement évolutif social, Marie Benzaglou, LTMU-ENPC
Pour favoriser la mise en œuvre du droit au logement, les départements d’outre-mer disposent d’une part d’outils juridiques et opérationnels de droit commun et, d’autre part, de certains dispositifs qui leur sont au contraire spécifiques. Ainsi, les DOM ont créé un type de logement social inexistant en métropole : le logement évolutif social (LES). Il s’agit d’un produit d’accession très sociale à la propriété, livré non fini aux occupants et dont la structure est évolutive. Le LES est utilisé à la fois pour accroître le parc de logements pour les plus démunis et pour reconstituer l’offre de logement démolie dans le cadre des opérations de résorption de l’habitat insalubre (RHI). Cet outil favorise en théorie la mise en œuvre du droit au logement car il permet de respecter les modes d’habiter créoles, et d’offrir de la liberté ainsi qu’un statut social valorisé aux accédants. Cependant, son utilisation n’est pas dénuée d’ambiguïtés. La suppression des marges de liberté, la sélection des publics et certaines pratiques de domination sont autant d’effets pervers qui fragilisent in fine le droit au logement. Ce sont les principes du droit à un « logement minimal » et, plus généralement, de la reconnaissance des plus démunis comme des citoyens à part entière, qui sont interrogés à travers l’expérience du LES.
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L’insertion par le logement des réfugiés statutaires en région parisienne : rôles, jeux et enjeux d’acteurs, Marie Ducheny, CERLIS-Université
Paris V
La question de l’insertion par le logement des réfugiés m’amène d’abord à interroger les dispositifs existants, qu’ils soient spécifiques, ou de droit commun : Centres Provisoires d’Hébergement du Dispositif National d’Accueil des demandeurs d’asile et des réfugiés, logements temporaires financés par l’ALT, baux-glissants et sous-location subventionnés par le FSL avec accompagnement social, mise en place de conventions avec les bailleurs sociaux et recherches dans le secteur privé. L’observation et l’analyse du fonctionnement de ces dispositifs me conduisent alors à questionner non seulement l’utilité des dispositifs spécifiques, mais aussi le système d’accueil français qui repose sur les associations (accueil, accompagnement, médiation) : accueil ou répartition / délégation des charges ? Mais avant tout, quelle est la spécificité du réfugié ? Une protection particulière doit-elle être exercée au nom du traumatisme vécu ? Pour l’instant, les discours des différents ministères concernés vont dans le sens d’un traitement équitable entre réfugiés et immigrés, voire le pauvre traditionnel. On parle même de « discrimination positive » à l’égard des réfugiés. Mais le constat reste d’abord celui d’une pénurie dans le secteur du logement social, qu’il s’agisse d’une insuffisance ou d’une adéquation. Comment organiser cette pénurie ?
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Vers une institutionnalisation de l’hébergement d’urgence dans les hôtels de tourisme ?, Florent Herouard, CRH-CRESSAC, UMR LOUEST 7145
Les récents incendies qui ont eu lieu à Paris, Nancy, Tilly-sur-Seulles ou encore Grand-Quevilly, informent une partie des français qu’il existe une frange de la population qui vit dans les hôtels. Loin de l’image bohême qu’on peut se faire de ce mode de vie, les personnes ayant l’hôtel comme unique refuge souffrent pour la plupart d’une très grande précarité. Ce mode d’hébergement n’est pas choisi et découle souvent d’un placement par les services sociaux. Cette solution est de plus en plus employée car les structures institutionnelles (foyers, logements d’insertions, etc.) ne sont plus en mesure de répondre à l’évolution croissante de la demande. On assiste donc, ces dernières années, à une véritable institutionnalisation de l’hébergement d’urgence à l’hôtel, avec des financements de l’Etat et des Départements, et avec de véritables relations de partenariat entre les gérants et les travailleurs sociaux.
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